Un 24 décembre autour de l'aéroport de Saint-Hubert

Le soleil se levait sur cinq harfangs des neiges.

Un 23 décembre dans le boisé du Tremblay

Cet après-midi, nous avons croisé notre première bande de sizerins flammés, une quarantaine d'individus. Puis, nous sommes tombés nez à nez avec un renard roux et un peu plus loin avec une pie-grièche boréale. Une belle promenade !


Un 20 décembre dans le boisé du Tremblay

Aujourd'hui, la chouette rayée a décidé de se laisser voir; Noël approche.



La fleur la plus toxique d'Amérique du Nord


Elle n'a l'air de rien comme ça, mais l'ingestion de cicutaire maculée (Cicuta maculata) peut entraîner la mort dans les 15 minutes à deux heures suivantes ou, dans le meilleur des cas, des dommages neurologiques permanents; c'est selon la dose et le métabolisme de chacun. Les premiers signes de l'empoisonnement sont des vomissements et des crampes douloureuses qui sont rapidement suivis de violentes crises d'épilepsie, de délire et du coma. Il n'existe pas d'antidote et les seuls traitements possibles consistent à limiter l'absorption de la toxine par la muqueuse intestinale, à assister la respiration et à contrer les effets neurologiques.


La cicutaire maculée, ou carotte à Moreau, se répartit du Mexique au Canada, de l'est à l'ouest du continent. Elle n'est pas rare, mais on ne la trouve pas partout. Elle aime les milieux humides (fossé, marais, bois humide) et n'hésite pas à se mettre les pieds dans l'eau.


Le poison, qu'on appelle la cicutoxine, est présent dans toute les parties de la plante. Toutefois, il est plus concentré dans le rhizome, particulièrement de l'automne au printemps. Les pharmacologues et les toxicologistes disent que la cicutoxine est un antagoniste non compétitif des récepteurs GABA pour expliquer son mécanisme d'action. Pour comprendre ce que cela signifie, voici un abrégé de neurophysiologie:
Le GABA (acide gamma-aminobutyrique) est un messager chimique qui freine l'activité des neurones en se fixant sur des récepteurs spécifiques situés à leur surface. L'antagoniste, quant à lui, peut se fixer sur le récepteur des GABA parce qu'il a une forme suffisamment semblable, mais pas assez pour produire un effet. Par conséquent, en occupant la place du GABA, il l'empêche d'agir, provoquant ainsi un effet excitateur de l'activité neuronale qui se traduisent par les symptômes neurologiques de l'empoisonnement (convulsion, délire, amnésie rétrograde, et autres).


Vive la courge d'hiver !

de gauche à droite: courge poivrée (C. pepo) entière et tranchée, courge musquée (C. moschata)

Elle est excellente. Elle est facile à conserver; jusqu'à 6 mois au frais. Elle est facile à cuisiner; le plus simple étant de la couper en deux, de l'épépiner, de badigeonner la chair d'huile et de la cuire au four pendant au moins 40 minutes, la tranche posée sur une plaque.


Et rien ne se perd, puisque les graines aussi se mangent. On les nettoie à l'eau, on les laisse sécher. Ensuite, on les rôtit en les étalant sur une plaque, au four à 350°F, jusqu'à ce qu'on entende le premier éclatement (5 à 10 minutes), puis on les assaisonne à notre convenance (sel, piment, paprika, curcuma, etc.). 
Mais ce n'est pas tout. Les graines peuvent se manger crues (de préférence concassées): elles seraient vermifuges et soulageraient les troubles de la miction associés à l'hyperplasie de la prostate. Alors, que demander de plus ?
Ah oui, pourquoi d'hiver ?
Réponse: pour les distinguer des courges d'été comme la courgette (zucchini en italien), le pâtisson ou encore la courgette de Nice (courge ronde), qui sont cueillies avant leur maturité; ce qui explique pourquoi leur peau est fine et souple (donc comestible) et pourquoi leurs graines sont petites et tendres,.
Mais toutes ces formes et ces couleurs, s'agit-il de plusieurs espèces ?
Oui et non. Toutes appartiennent à la famille des cucurbitacées et au genre Cucurbita qui compte une quinzaine d'espèces dont les plus connues sont:
  • Cucurbita pepo: toutes les courges d'été et quelques courge d'hiver (citrouille, courge dumpling, courge spaghetti, courge poivrée, entre autres).
  • Cucurbita moschata: la courge musquée (courge d'hiver).
  • Cucurbita maxima: le potiron, la courge potimarron et la buttercup par exemple (courges d'hiver).

Un 15 décembre dans le boisé du Tremblay


Rien à signaler à part un chêne qui refuse de laisser tomber ses feuilles et "cette" Pic chevelu.




Un 29 avril à Gibraltar

Gibraltar est un territoire britannique d'environ 10 km2 situé à l'extrême sud de l'Espagne et constitué essentiellement d'une montagne de calcaire de 420 mètres de haut. Le "rocher", identifié par les marins de l'Antiquité comme l'une des deux colonnes d'Hercule gardant l'entrée du détroit de Gibraltar, fait partie de la cordillère bétique espagnole, qui devient le rif en Afrique du Nord. L'ensemble, soulevé au Jurassique lors du rapprochement de la plaque africaine et de la microplaque espagnole, forme l'arc de Gibraltar autour de la mer d'Alboran.


Au pied du versant occidental, la petite ville de Gibraltar
Le versant oriental du "rocher", en regardant vers le nord et l'Espagne
Vers le sud, les côtes de l'Afrique


Le rocher de Gibraltar est habité depuis longtemps comme en témoignent les traces d'occupation et les ossements néandertaliens retrouvés en plusieurs endroits du territoire. Aujourd'hui, 30000 sujets de la reine d'Angleterre y cohabitent avec 250 macaques de Barbarie (Macaca sylvanus); les uns vivant au pied du mont, les autres préférant ses hauteurs.  Nul ne sait vraiment d'où viennent les macaques. Les seuls autres représentants de l'espèce, une vingtaine de milliers tout au plus, vivent dans les forêts de l'Atlas sur l'autre rive. Ceux de Gibraltar ont-ils profité de la crise de salinité messinnienne qui a réuni l'Afrique et l'Europe il y a 5,5 millions d'années, pour étendre leur territoire ou ont-il été apportés par les Maures qui aimaient leur compagnie. L'absence de fossiles et l'analyse génétique semblent favoriser la deuxième hypothèse.


Un 9 décembre au pied du Mont Saint-Bruno

Une bande de mésanges de grand chemin nous attendait au détour du sentier pour nous dérober nos graines de tournesol noires.


Un 28 avril dans les dunes de Tarifa

Tarifa est la ville la plus méridionale d'Espagne et de l'Europe continentale. Du bord du quai d'embarquement pour le ferry qui mène à Tanger, on peut voir les côtes africaines à une trentaine de kilomètres seulement.

En longeant la plage de Tarifa vers l'ouest, on arrive à la dune et au parc naturel de Valdevaqueros (la tache pâle à gauche)

Exposées au vent qui souffle tantôt de la Méditerranée (le levante), tantôt de l'Atlantique (le poniente), les plages de Tarifa sont un haut-lieu de la planche à voile et du kite surf. Ajoutez à cela, la horde des Européens du Nord, qui se rue vers le soleil et les plages en saison estivale, et on perçoit immédiatement la menace qui pèse sur ce qu'il reste de cet écosystème littoral déjà bien entamé par l'immobilier.
Heureusement, il y a des zones protégées où l'accès au bord de la mer se fait encore de façon naturelle, c'est-à-dire à pied, par des sentiers balisés et à travers une succession végétale caractéristique des littoraux sableux. Ainsi, après avoir traversé la pinède dominée ici par le pin parasol (Pinus pinea), on parvient à la zone herbacée (et extraordinairement fleurie en avril) de la dune avant d'atteindre la plage proprement dite.    


Un 23 avril dans le parc naturel de la Sierra de Hornachuelos

Chênes-lièges et cistes

Dans le nord de l'Andalousie, la Sierra de Hornachuelos est un sous-ensemble d'une chaîne de moyenne montagne plus importante, la Sierra Morena, qui longe la vallée du guadalquivir d'est en ouest sur environ 450 kilomètres. Moins élevée que la cordillère bétique au sud, la Sierra Morena est pourtant une région relativement isolée. Moins densément peuplée, elle a conservé un caractère plus sauvage.
Le paysage y est celui du matorral, la version espagnole de la garrigue et du maquis avec un couvert forestier peu dense constitué de plantes méditerranéennes typiques dont le chêne-liège, l'azérolier, les lavandes, le romarin et les cistes. 

Les chênes (Quercus suber) sont écorcés tous les 9 ans; c'est le temps nécessaire pour que le liège se reconstitue
l'azérolier (Crataegus azarolus) ou Épine d'Espagne, une aubépine méditerranéenne
Romarin (Rosmarinus officinalis)
Lavande papillon (Lavandula stoechas)
Ciste cotonneux (Cistus albidus)
Ciste à feuilles de sauge (Cistus salviifolius)
Glaïeul des moissons (Gladiolus italicus)
Muscari à toupet (Leopoldia comosa)
Gesse (Lathyrus sp)
Psammodrome algire (Psammodromus algirus)

Le parfum de Séville

La vue est un drôle de sens. C'est probablement le plus sollicité, mais c'est aussi celui qui s'émousse le plus vite. Passez une dizaine de fois au même endroit et les détails du décor commencent à s'estomper; passez une centaine de fois et il faudra le regard neuf d'un visiteur pour attirer votre attention sur un détail que vous ne voyiez plus.
De Séville (Andalousie), je ne garde que le premier regard et pourtant quand je repense à cette ville, ce ne sont pas des images qui reviennent à ma mémoire, mais un parfum, celui des orangers en fleur. Dans les jardins publics, à l'intérieur des patios et sur les trottoirs, ils sont omniprésents, embaumant l'atmosphère et se délestant de leurs oranges dans les plate-bandes.


Pour un habitant des pays nordiques qui paye si cher ses oranges, le spectacle de ces fruits moisissant au pied des arbres pourrait presque être choquant. Heureusement, il ne s'agit pas d'oranges douces (Citrus sinensis), mais plutôt d'oranges amères, ou oranges de Séville, fruits du bigaradier (Citrus aurantium). Comme leur nom l'indique, mise à part la marmelade dont elles sont l'ingrédient traditionnel, on ne peut pas en faire grand chose. Ce n'est pas le cas des fleurs dont on tire l'essence de néroli et l'eau de fleur d'oranger très utilisées en parfumerie et dans l'alimentation .   

Un 27 novembre à Longueuil

Ici, c'est déjà l'hiver, les mangeoires sont installées au grand bonheur des oiseaux du Boisé du Tremblay.

Femelle de Roselin familier
Mâle de Roselin familier