Reproduction en captivité

Café

En janvier 2015, j'étais au Panama. Ce qui avait commencé comme un voyage d'agrément prit rapidement des allures d'adoption internationale à la suite de la visite d'une plantation de café.
C'est alors que je découvris avec horreur le sort qu'on réservait aux grains de café. Arrachés à leur arbre par des mains autochtones, les cerises étaient déshabillés par des machines bruyantes. Les grains nus étaient ensuite abandonnés en plein soleil avant d'être brûlés dans des fours pendant de longues minutes. À la suite de ce traitement inhumain, certains d'entre eux, plus malchanceux, étaient immédiatement broyés et ébouillantés pour satisfaire l'envie de touristes amateurs de plaisirs gustatifs.
Évidemment, un amoureux des plantes comme moi, ne pouvait rester indifférent à ce spectacle et je décidais alors de faire ma part. Je ramassais une cerise tombée de l'arbre et la cachais dans une poche de mon sac à dos. Mieux valait une vie de plante d'intérieur au Canada qu'une fin dans une cafetière panaméenne.
De retour au pays. l'adaptation ne fut pas facile et il fallut bien attendre 3 mois avant que les deux graines (une cerise, deux graines) ne se décident à montrer le bout de leurs cotylédons. Deux ans après, les deux plants fleurissaient. Ce fut une heureuse surprise car je pensais que l'enfance du caféier durait plus longtemps. C'est quand même un arbre et chacun sait que la maturité sexuelle de certaines essences peut être tardive.
Aujourd'hui, 8 mois après sa floraison, je suis récompensé et tout le monde à la maison attend l'heureux événement, car l'unique fruit d'une fécondation artificielle à l'aide d'un pinceau commence à rougir. Personne n'y croyait vraiment.

Café

Un 29 décembre à l'arboretum Stephen-Langevin (Boucherville)

Au bord du Saint-Laurent, ce matin, il y avait de drôles de créatures malgré le petit -20°C: un soleil fantôme, un lutin qui se promenait dans les bois, un ange accroché aux branches, des pommettes de noël, un cardinal rouge et deux merles qui s'abreuvaient à un point d'eau. Il y avait aussi du vent et de la neige, et ni l'appareil photo, ni le doigt du photographe n'aiment ça.

Au bord du Saint-Laurent
Soleil d'hiver
Fantômes
Lutin
Ange déchu
Pommettes
Cardinal rouge




Un 27 décembre entre Longueuil et le mont Saint-Bruno

Sous ce soleil glacial, il faut être un harfang pour oser se dresser contre le vent.

Campagne de Longueuil (Québec)
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Un 25 décembre à Longueuil

La corvée de vaisselle du lendemain du réveillon peut avoir des bons côtés. Il suffit de regarder par la fenêtre pendant qu'on frotte.

Bruant hudsonienRoselin familier

Le mieux, ennemi du bien ?

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Le boisé du Tremblay enclavé entre zones industrielles, agricoles et résidentielles s'efforce d'effacer les signes de son passé agricole. Des anciens lots, il ne reste que quelques vestiges des démarcations: des alignements de pierre que l'humus et les souches finissent d'engloutir, et à leur pieds des fossés de drainage comblés depuis longtemps dans lesquels l'eau peut à nouveau prendre le temps d'entretenir la vie.
Il y a pourtant une trace qui refuse de s'estomper, une tranchée aussi droite qu'un trait d'arpenteur, aussi profonde qu'un coup de pelle mécanique et au fond de laquelle coule de l'eau. Aussi loin que l'on suive son fil, on n'y voit aucune algue, aucune trace de vie, pas plus dans le lit que sur les berges lavées par les brusques changements de débit. Est-ce parce qu'elle trouve sa source à quelques centaines de mètres de là, au cœur de la zone industrielle, et que les entreprises riveraines y déversent leurs eaux usées.

Source
1. Une des sources du ruisseau Massé (voir la vue satellite plus bas)
Boisé du Tremblay
2. Dans la réserve de Nature Action Québec, 500 mètres plus loin
Boisé du Tremblay

Quoiqu'il en soit, cette eau qui coule à longueur d'année est la seule réminiscence de ce qu'était autrefois un ruisseau. Creusé et redressé, il a maintenant acquis un statut administratif et est devenu un cours d'eau verbalisé. C'est le nom donné à ces aménagements, dont les premiers datent des années 20.
À l'époque, le Québec se lance dans un vaste programme de drainage des terres agricoles dans le but d'en améliorer la production. Des fossés sont creusés et des cours d'eau, redressés. Cette exercice qui connaît son apogée entre les années 60 et 90, aboutit à l'aménagement de 30000 km de cours d'eau, dont 9000 à 10000 km sont créés de toute pièce. Dans le sud du Québec, le réseau hydrographique a ainsi été multiplié par deux.
Hydrogrammes de crue d'une rivière avec un  bassin versant en milieu forestier (bleu) et d'une rivière avec un bassin versant en milieu agricole (rouge).
Le ruissellement des eaux de pluie plus important en milieu agricole a pour effet d'accélérer le temps de montée et d'augmenter le débit de pointe des rivières en crue.
L'objectif a été atteint. Grâce au drainage, l'eau de fonte s'évacue plus rapidement et la terre peut désormais être travaillée plus tôt au printemps. Les fortes pluies risquent moins de noyer les cultures ou de favoriser les maladies cryptogamiques. En outre, en rectifiant les cours d'eau et la géométrie des parcelles, on a gagné quelques hectares de terres et accéléré le mouvement des machines.
Certes, l'eau s'écoule plus vite et en plus grande quantité, mais il y a une contrepartie. Elle emporte avec elle les sols, qui s'appauvrissent, s’assèchent en profondeur et se compactent. Elle charge les rivières en sédiments, en engrais et en pesticides; ce qui n'est pas sans conséquence sur la vie aquatique. La vitesse du courant dans les cours d'eau redressés accroît l'érosion des berges et impose un entretien régulier des fossés au détriment de la faune et de la flore locales. Autre conséquence de ces aménagements, les pluies et la fonte des neiges gonflent les rivières un peu plus qu'avant à la saison des crues.


Canal Saint-Bruno
3. En traversant la zone agricole, le ruisseau anonyme prend le nom de canal Saint-Bruno
Ruisseau Massé
4. Après avoir rejoint le ruisseau Massé, les eaux retrouvent leur cours naturel et serpentent à nouveau
jusqu'à la rivière Acadie.  




Métaphysique de l'eau

Aux heures chaudes de la journée, vers -7°C, on peut voir la neige mourir au soleil et son esprit s'élever dans les airs.

On peut compter sur la pie-grièche

Pie-grièche grise

Presque aussi sûr que le carouge à épaulettes fait le printemps, la pie-grièche grise annonce l'hiver dans le Boisé du Tremblay. Hier, elle est venue nous rendre visite, le temps de sauter sur l'appareil photo et de tirer son portrait à travers la fenêtre.
Certes, la précipitation ne fait pas de belles photos, mais cela donne une idée du personnage. Il n'y a qu'à regarder son bec, taillé pour dépecer la viande, pour comprendre que les pie-grièches sont de redoutables prédateurs. Et si d'aventure, vous trouvez des cadavres de campagnols ou de souris pendant au bout d'une branche ou d'un fil barbelé, dites-vous qu'il ne s'agit pas de suicides. Regardez alentours et cherchez un oiseau de la taille d'un geai bleu, perché au faîte d'un arbre au milieu d'un endroit dégagé, vous aurez peut-être la chance de voir la responsable.
Au Québec, et en Amérique du Nord, il en existe deux espèces, la grise (Lanius excubitor) et la migratrice (L. ludivicianus). Elles sont difficiles à distinguer au premier coup d'oeil, mais la seconde est menacée au Québec et en voie de disparition au Canada; autant dire qu'il y a peu de chances de la voir. La grise à un bec plus long et plus crochu, la mandibule inférieure est plus pâle à sa base, le bandeau noir qui traverse l’œil est moins large.  

Pie-grièche grise



Du quinquina à la quinine

La quinine fut longtemps le seul médicament efficace contre le paludisme. Cet alcaloïde naturel aux propriétés antipyrétiques (contre la fièvre) et antipaludique (contre la malaria) ne fut vraiment supplanté par les antimalariques de synthèse qu'à partir de la seconde moitié du XXème siècle.
L'histoire de la quinine commence au début du XVIIème siècle dans la petite ville de Loja, en Équateur. C'est là que des missionnaires jésuites apprennent, probablement des populations locales, comment utiliser l'écorce du quinquina pour soulager la fièvre. À cette époque, la fièvre tierce, autrement dit le paludisme, est endémique dans une grande partie de l'Europe et aucun traitement efficace n'a encore été découvert.
Les missionnaires ramènent donc à Rome l'écorce de «l'Arbre aux fièvres» en espérant qu'elle sera efficace contre les épidémies de fièvres palustres qui resurgissent chaque été dans la ville. Le succès est total et la «poudre des jésuites» gagne rapidement en popularité en Italie et en Espagne. Ailleurs, comme en France et en Angleterre, on est plus réticent à utiliser ce remède en raison des risques que présente sa mauvaise utilisation. Par ailleurs, dans les pays protestants, on se méfie de ses origines papistes. Le médecin anglais Robert Talbor l'utilisent pourtant pour soigner les membres de la famille royale d'Angleterre et de France. Après avoir dévoilé le nom de son médicament au roi de France, il lui fait promettre de ne jamais le révéler. En 1681, libéré du serment par la mort du médecin, Louis XIV révèlera le secret de sa guérison par le quinquina, mettant fin ainsi à la mauvaise réputation du médicament qui deviendra alors le remède de référence contre le paludisme.

Rouge, jaune et gris
Jusqu'à présent, on a identifié 23 espèces de quinquinas sauvages (Cinchona spp). La plupart de ces arbustes et de ces arbres de la famille des rubiacées poussent dans les forêts humides des Andes, de la Colombie à la Bolivie, entre 300 et 3300 mètres d'altitude. Quelques espèces ont une aire de distribution plus étendue vers le nord, jusqu'au Costa Rica.
Trois espèces ont été exploitées pour la quinine que contient leur écorce: le quiquina rouge (Cinchona pubescens), le quinquina jaune (C. calisaya) et le quinquina gris (C. officinalis). Leur teneur en quinine varie selon l'espèce et les conditions de croissance, mais le quinquina jaune est celui qui en contient le plus.
Ces espèces ont été introduites dans d'autres pays, généralement d'anciennes possessions territoriales anglaises, françaises et hollandaises, où elles ont été cultivées et hybridées dans le but d'améliorer la production. Aujourd'hui, les principaux pays producteurs de quinine sont l'Indonésie, la République démocratique du Congo, la Tanzanie, le Kenya, le Rwanda, le Sri Lanka, la Bolive, la Colombie, le Costa Rica et l'Inde.
Quinquina rouge par Forest & Kim Starr [CC BY 3.0], Wikimedia Commons

Si l'usage de l'écorce du quinquina est désormais acquise dans l'Europe du début du XVIIIème siècle, personne, qu'il soit apothicaire ou botaniste, ne connaît vraiment l'identité de l'arbre dont elle est issue. Il faut attendre l'année 1737 pour que le mystère soit enfin éclairci. Deux ans auparavant, Charles Marie de la Condamine a été envoyé avec le botaniste Joseph de Jussieu en mission scientifique au Pérou dans le but de définir la courbure du méridien et de mettre fin à une polémique sur la forme de la Terre: a-t-elle la forme d'une orange aplatie ou celle d'un citron ?
Pendant que le géographe arpente le pays, le botaniste herborise et s'intéresse entre autres au fameux Quinquina. Il finit par en identifier trois espèces et les décrit dans un rapport complet qu'il confie à La Condamine pour l'envoyer à l'Académie des Sciences; laquelle attribue tout le mérite de la découverte au géographe.

La quinine fait partie avec la quinidine, la cinchonine et la cinchonidine des quatre principaux alcaloïdes présents dans l'écorce des quiquinas rouges, jaunes et gris. Les proportions de chaque molécule varient selon l'espèce, mais la totalité des alcaloïdes ne représente rarement plus que 10 % du poids sec de l'écorce. Dans les variétés cultivées, sous l'effet des sélections, la teneur en alcaloïdes peut monter jusqu'à 17 %.
Antipaludique, antipyrétique, analgésique et antiarythmique, la quinine est aussi une substance amère dont on se sert pour aromatiser les boissons toniques comme le Schweppes, ainsi que les Vermouths comme le Martini. 
Déjà à  l'époque, les deux scientifiques exprimaient leur inquiétude à propos de la surexploitation du quinquina. Et en effet, la demande de plus en plus forte de quinquina, seul remède efficace contre le paludisme, conduit l'espèce au bord de l'extinction dès le milieu du XIXème siècle.
Pour tenter de pallier une future pénurie, mais aussi pour briser le monopole de l'Espagne dont l'Équateur était une possession, Anglais, Français et Hollandais font sortir clandestinement du Pérou des graines de quinquina et tentent d'introduire la culture de l'arbre dans leurs colonies respectives. Après quelques débuts difficiles (les graines supportent mal le voyage et leur germination s'avère difficile), chacun y parvient finalement. Toutefois, ce sont les hollandais qui domineront le marché avec leur culture du Quinquina jaune sur l'île de Java.
La quinine a été identifiée comme étant le principe actif de l'écorce de quinquina en 1820 par les chimistes français  Joseph Pelletier et Joseph Caventou. Sa synthèse complète n'a été réalisée qu'en 2001, par le chimiste américain Gilbert Stork. Jusqu'à la découverte des antipaludiques de synthèse, la quinine en tant qu'unique médicament contre le paludisme a été un enjeu stratégique et un instrument indispensable des armées coloniales.
La domination hollandaise sur le marché mondial de la quinine prend fin avec la seconde guerre mondiale. Les stocks de quinine entreposés à Amsterdam sont détruits par les bombardements allemands et les japonais s'emparent de la ressource en envahissant Java. Ces événements précipitent alors la découverte de composés synthétiques. Heureusement, quelques tentatives de synthèse avaient déjà été menées après la découverte de la quinine, principalement par les chimistes de la compagnie allemande Bayer qui avaient développé quelques antimalariques de synthèse: la plasmoquine, la mépacrine, l'atébrine, la résochine et la sontochine. 
En 1946, les alliés reprennent les études sur la résochine, qui avait été jugée trop toxique lors de sa découverte. Rebaptisée chloroquine, la molécule se révèle être un antimalarique plus puissant que son homologue naturel. Commercialisée sous le nom de Nivaquine en France et d'Aralen aux États-Unis, elle devient l'arme principale de l'Organisation mondiale de la Santé dans sa tentative d'éradication du paludisme dans les années 50 et 60.
Aujourd'hui, la quinine est toujours utilisée pour le traitement en deuxième ligne des infections par Plasmodium falciparum, un des parasites responsables du paludisme. Elle est inscrite sur la liste des médicaments essentiels dressée par l'Organisation mondiale de la santé.  

Un 2 décembre sur le mont Saint-Bruno

Il n'y avait plus de neige sur le mont, mais l'eau des lacs était entièrement prise par la glace. En empruntant le sentier de l'hermine pour nous rendre à la carrière Potvin, abandonnée depuis les années 60, nous espérions revoir le renard roux entraperçu la semaine dernière; nous avons fait chou blanc. Peu importe, il y avait plein d'autres choses à voir.

Disamares d'Érable à feuilles coposées
Carrière Potvin
Métamorphisme
Métamorphisme
DSCN5780
Le poil dans les excréments désigne un carnivore; la forme, la taille et l'emplacement au milieu
du chemin font penser à notre renard roux.
Sittelle à poitrine blanche
Anthrisque des bois
L'anthrisque n'attend plus que le printemps