Pontédérie cordée


Les pontédéries sont américaines; les six espèces se partagent les rives boueuses d'un territoire s'étendant du Canada à l'Argentine.

Colibri à tour de contrôle...

...demande l'autorisation de partir.


Tour de contrôle à colibri: négatif, continuez à faire le plein. Votre plan de vol prévoit la traversée du golfe du Mexique.



Liseron des haies


Les fleurs du liseron des haies (Calystegia sepium) se ferment le soir pour se rouvrir aux premières lueurs du matin, mais il parait que la lumière de la pleine lune suffit à les tenir éveillées.

Peintures de guerre


Longueuil (Québec) s'occupe de ses arbres. Les frênes plantés dans l'asphalte seront traités contre l'agrile, tandis que les natifs du boisé du Tremblay seront massacrés pour construire des lotissements pour les nouveaux arrivants. Pour les autres, les quelques sauvages qui survivent dans des réserves comme le parc Michel Chartrand, leur sort dépendra du bon vouloir des autorités.


Le nez dans l'herbe à poux


Il y a deux espèces d'herbe à poux au Québec, la petite et la grande. Pour les reconnaître, il faut se fier au nom commun français, qui est Ambroisie à feuilles d'Armoise pour la petite (Ambrosia artemisiifolia) et Ambroisie (à feuilles) trifide pour la grande (A. trifida). Évidemment, si on ne sait pas comment sont faites les feuilles d'Armoise, il ne reste plus qu'à procéder par élimination.
Sur la photo, c'est la petite. Elle a été introduite en Europe vers 1865 (selon la flore laurentienne) et là aussi, elle fait des malheureux. Il parait que les campagnes d'arrachage ou de fauche sont efficaces; je me permets d'émettre un doute et de citer la conclusion d'un rapport de l'Institut national de santé publique du Québec intitulé "Mobiliser une communauté du sud du Québec pour contrer l’herbe à poux: analyse des coûts de l’intervention et de ses effets sur la distribution spatiale des plants, du pollen et des symptômes d’allergie chez des adultes." :
"Il est peu probable que l’herbe à poux disparaisse du territoire québécois compte tenu de son caractère indigène. Les changements du climat ont déjà un effet mesuré sur l’allongement de la période de pollinisation de la plante, les manifestations allergiques sont de plus longue durée et risquent d’être de plus grande intensité en raison d’interactions potentielles avec d’autres allergènes,  tels les polluants atmosphériques. Devant ce constat, la gestion de l’herbe à poux doit viser essentiellement à réduire les concentrations de pollen dans l’air. Une politique publique à l’échelle municipale est une clé importante permettant la pérennité de l’intervention pour un contrôle constant de l’herbe à poux. Les recherches réalisées au Québec soutiennent la nécessité d’une action intégratrice, tant au provincial, au régional qu’au local."

Exuvie



Le jardin est rempli de fantômes. Empêtrés dans les branches des arbustes, retenus par la rocaille, incapables de contenir les âmes qui les animaient, les exuvies, fantômes de vie, nous rassurent  sur la santé du lieu et la richesse de la faune qu'il abrite. Ces lambeaux sont tout ce qu'il reste des couleuvres rayées lorsque leur enveloppe charnelle les a quittées. C'est que, contrairement à nous et à d'autres animaux, les serpents et les lézards continuent de grandir jusqu'à la fin, alors que leur peau ne se renouvelle qu'au moment de la mue.


Dans le Journal d'Anne Frank


Le 16 septembre 1943 à Amsterdam, Anne Frank se cachait des nazis et écrivait dans son journal: "Tous les jours, je prends de la valériane contre l’angoisse et la dépression, mais cela ne m’empêche pas d’être d’humeur encore plus lugubre le jour suivant. Un bon éclat de rire serait plus efficace que dix de ces comprimés, mais nous avons presque oublié ce que c’est de rire. Parfois, j’ai peur que mon visage se déforme et que ma bouche tombe à force d’être sérieuse. Pour les autres, ce n’est pas mieux, ils voient approcher cette masse rocheuse que l’on appelle l’hiver avec de mauvais pressentiments."

Ce qu'il en reste

Ex-liberté

Ce qu'il reste de l'Île des Soeurs à Montréal tient en un bois retenu prisonnier entre les clôtures de fer forgé de résidents aussi fortunés qu'éphémères et un golf qui ne sera jamais écologique (quoiqu'ils en disent). Il y a longtemps, je me souviens d'avoir apporté mon soutien naturaliste au comité de protection du boisé, plus soucieux de préserver l'intimité de leur piscine creusée que d'empêcher la destruction des champs de choux puants ou de protéger les vignes sauvages qui abritaient tant de petites nyctales.

Ex-prairie
Ex-vignes sauvages abritant d'ex-nyctales
Ex-arbres
Aujourd'hui, les vignes ont été remplacées par des rangées de maisons et le sous-bois a été transformé en piste de jogging. Les symplocarpes fétides sont toujours là.
Ce qu'il en reste en cette saison sont ces étranges fruits trop pesants (celui de la photo fait environ 70 grammes) pour être emportés par le vent et pas assez appétissants pour être ramassés par les passants. Ils ressemblent à de mini-ananas et, effectivement, on n'en est pas très loin malgré les distances géographiques et taxonomiques : l'ananas (Ananas comosus) est une broméliacée qui pousse dans les endroits ensoleillés et secs d'Amérique du Sud alors que le chou puant (Symplocarpus foetidus) est une aracée qui pousse dans les sous-bois humides du nord-est de l'Amérique et de l'Asie. Bien que les fruits se ressemblent, les botanistes y voient des différences. La ressemblance réside dans le fait qu'il s'agit de fruits étroitement juxtaposés qui ont fusionné en grossissant; la nuance étant dans la partie du fruit qui fusionne. Je vous laisse creuser la question si elle vous intéresse.

Futur chou puant
En l'ouvrant, il s'en dégage une odeur forte et surprenante d'ail. La chair blanche est plutôt sèche; sa texture ressemble à la mousse dont on rembourre les fauteuils. Sur le pourtour, on voit les graines. Celles qui ont été épargnées par la dissection seront plantées dans le boisé du Tremblay, un habitat propice à cette espèce et qui l'a peut-être déjà abritée, il y a très longtemps...avant l'agriculture et la repousse. On verra bien.
     
 


2014, c'était l'année de l'apios


Il y en avait partout et même dans des lieux où je ne l'avais jamais vu. Cette année, je ne sais pas. Je me suis contenté de ceux du jardin. Que voulez-vous ? Les regarder, c'est tomber sous leur charme. Alors l'année dernière, j'ai transplanté trois tubercules (ils sont comestibles, mais je n'y ai pas gouté) au pied de trois arbres pour que la plante puisse éventuellement y grimper et j'ai espéré tout l'hiver. Les trois ont donné des tiges, à ce point tardives que j'ai failli désespérer. Et aujourd'hui, elles fleurissent.

Drôle d'ommage

Les amateurs d'art nature peuvent visiter les Jardins du Précambrien à Val-David (Québec). C'est l'occasion d'y voir le sapin baumier excréter sa gomme - connue en Europe sous le nom de Baume du Canada - et l'Artiste en plein travail.





J'y étais


À force de se promener aux quatre coins de la planète, on finit par en trouver le centre. Il ne me restait plus qu'à aligner mon nombril.

Les voyages forment la jeunesse

Et nul besoin d'aller très loin, ni d'avoir d'automobile. Il suffit de faire tous ses déplacements en vélo ou à pied, et comme Yvette, qui a fêté  son quatrième vingtième anniversaire il y a quelques années, vous pourrez raconter à vos amis votre dernier voyage en Équateur et aux Galapagos avant de leur montrer votre nouveau kayak.
Puis, à la fin du dîner, vous proposerez une petite marche digestive dans la nature environnante et peut-être alors découvrirez vous la galle artichaut du saule.


Cette "maladie" est causée par un moucheron (Rabdophaga strobiloides) dont la larve se développe dans le bourgeon terminal d'un rameau de saule. Une fois pondu, l’œuf ou la larve sécrète des substances qui vont induire la  multiplication des tissus végétaux pour fournir abri et nourriture nécessaires à sa croissance.



Côte de bette rouge 2015


La bette à carde (aussi appelée blette ou poirée là d'où elle vient) appartenait à la famille déjà importante des chénopodiacées. Grâce à l'invention de l'acide désoxyribonucléique (ADN), elle est maintenant rattachée aux amaranthacées, une énorme famille (plus de 2000 espèces) avec des membres plus ou moins recommandables comme dans toutes les familles et selon ce qu'on entend par recommandable.
Parmi les plus présentes-à-table, citons la betterave, l'épinard, la salicorne et la nouvelle vedette des sociétés aisées qui ont le temps de se préoccuper de leur bien-être, le Quinoa (Chenopodium quinoa). Dans certaines sociétés d'Amérique du Sud décimées par les précédentes, on la cultive depuis au  moins 5000 ans et on n'en fait pas tout un plat; on en fait probablement plusieurs.
Mais revenons à la bette. Toutes les parties aériennes de la plante se mangent. les cardes (pétioles) de la bette et les nervures se déclinent aussi en jaune, en orange et en blanc. C'est beau sur une table.