3...2...1...Massacre


Je me suis retrouvé parce que mon GPS me proposait une route que je ne connaissais pas pour rentrer chez moi. "Là", c'est une sortie de rond-point qui débouche sur un cul de sac, face au boisé du Tremblay. En fait le chemin n'existe que sur le papier et dans la mémoire des ordinateurs; ce qui en dit long sur la planification du massacre du boisé. 
Ici, on n'attend plus que les bulldozers pour le raser. Pourtant, à en juger par les arbres morts en arrière plan, il semble y avoir un milieu humide, donc un refuge potentiel pour la rainette faux-grillon et de toute façon un milieu à protéger. Le temps de la photo, une buse à épaulettes - nicheuse dans le boisé - m'a même survolé. Malheureusement,  il faudra plus d'une espèce protégée pour arrêter l'avidité des promoteurs et la complaisance de la mairie de Longueuil.
Et tout ça pourquoi ? Pour faire du vert urbain, une couleur entre le gris béton et le vert pelouse avec une touche de bleu piscine.


Il est vrai que notre conseil municipal est soucieux de la durabilité du développement. Il faut bien loger les payeurs de taxes pour tenter d'éponger des déficits. On aime se bercer d'illusions puisqu'il faudra fournir des services couteux à ses nouveau citoyens (transport en commun, déneigement, service de ramassage scolaire, service de police et d'incendie, alouette...). Et inutile de proposer des économies ! On le sait. Au Québec, c'est la fuite en avant qui prévaut. Il faut déboiser, forer, construire, acheter, et vendre. Pas question de freiner, de rénover ou de recycler. On veut du confort, de la bébelle clinquante, du tape-à-l’œil, de obsolescence programmée; pas des choses qui durent et qui risquent de se démoder.
On compense le vide de nos existences par une illusion de puissance et de liberté. On rêve d'ailleurs devant sa télé, mais on admire sa piscine creusée en buvant de la bière. On passe son temps à astiquer son automobile et son véhicule récréatif pour aller s'échouer au camping des flots bleus à Rougemont. On fait des levées de fonds pour se payer des vacances en prétendant faire de l'humanitaire et on laisse les médias nous dicter notre façon de vivre.  

La rainette du houblon


Une rainette crucifère prend un bain de soleil sur les feuilles de houblon du balcon. Elle devrait peut-être se méfier car les couleuvres rayées adorent s'y retrouver pour faire la sieste.

L'heure de gloire


La ronce odorante deviendra framboisier sauvage, jusqu'à ce qu'elle soit cueillie et retombe dans l'anonymat.

Chez Manon et Sylvain


Toutes les cartes situent le royaume des bleuets quelque part à 5 heures de voiture au nord de Montréal, autour d'un grand lac qui ressemble plus à une mer intérieure.
Oui, peut-être. En tout cas moi je peux vous dire que le paradis du bleuet, lui, n'est qu'à 40 minutes de la métropole dans la direction opposée, à Saint-Jacques-le-Mineur, au 623 du boulevard Édouard VII exactement.
Le seul problème avec les bleuets de Manon et Sylvain, c'est qu'ils bousculent les standards et que vous ne voudrez plus acheter ceux des épiceries. Oubliés les petits bleuets de la Côte-Nord, enterrés les gros américains fades, la nouvelle norme est le gros bleuet ferme et gouteux de Saint-Jacques-le-Mineur. Et pas de danger de s'empoisonner, c'est de l'agriculture scrupuleusement bio. 

Menthe des champs
Verveine hastée
Typha à feuilles étroites

Alléluia


Quand je l'ai acheté. il y a plus de 10 ans, il était en fleurs. Depuis, plus rien ! Le fleuriste m'avait prévenu: "C'est très difficile à faire refleurir." Évidemment, je n'en ai pas tenu compte. Et puis tout le monde le dit, j'ai le pouce vert, alors... 
Pourtant, j'ai bien été obligé de me rendre à l'évidence. Après des années à le rentrer tous les automnes dans la maison, à respecter sa décision de faire le mort tous les hivers en cessant quasiment de l'arroser et à le réveiller chaque printemps avec un arrosage digne des tropiques, rien n'y a fait. Tout juste me faisait-il l'honneur d'un toupet de feuilles au bout de ses trois branches.
Et puis cette année, alors que je me penchais sur lui pour lui proférer une ultime menace du genre "si tu ne fleuris pas cette année, tu libères le pot", j'ai eu la grande joie de constater un début de tige florale portant cinq ou six boutons à son extrémité. Je ne sais pas si les fleurs parviendront jusqu'à l'éclosion, mais si c'est le cas, vous pouvez être sûr qu'il y aura des photos, même si les couleurs ne sont rien en comparaison du parfum qu'exhalent ses fleurs. Sentir le frangipanier revient à abandonner toute forme de volonté et à accepter de se faire mener par le bout du nez. Avant, je désespérais de le voir fleurir; maintenant, je monte la garde à son pied dans l'angoisse que sa floraison soit interrompue.

Ça va mal !


Hiver rigoureux, été humide ou néonicotinoïdes ? Toujours est-il  que l'année s'annonce mauvaise pour les butineurs du jardin. Le nichoir à abeilles est resté tristement inoccupé alors que d'habitude les abeilles charpentières se bousculent pour y pondre. Les échinacées se désespèrent d'assister au spectacle des bourdons exécutant leur numéro de fakirs sur le tapis d'épines de leurs fleurs.
En tout et pour tout, nous avons du voir un papillon, peut-être deux, dignes de ce nom traverser le jardin et notre dernier monarque remonte à l'année dernière; le seul de l'année malgré les asclépiades que nous entretenons.

 

Rien de plus


Se lever avec le soleil et prendre son café en écoutant bourdonner le jardin.
Surprendre la moufette qui retourne au bois et le merle à son premier bain.
Jusqu'à ce que la "civilisation" reprenne ses droits.

Au bonheur de la banlieue

En ce jour de scies circulaires, de taille-haies, de sableuses, de tondeuses et autres sources d'irritation à moteur, je vous présente l'instrument du bonheur, promesse d'un avenir meilleur: ma tondeuse.


Elle est indestructible; je l'ai depuis plus de 10 ans et elle me survivra probablement. Elle ne réclame aucun entretien à part peut-être un petit coup de lime pour affûter les lames tous les 10 ans. Elle n'a besoin d'aucune source d'énergie, mais j'ai quand même remarqué qu'elle fonctionnait mieux après l'apéro. Elle ne fait aucun bruit et je peux la passer à 2 heures du matin sans réveiller la marmotte qui dort sous mon cabanon. Elle sent bon l'herbe coupée et n'émet aucun de ces gaz nauséabonds et délétères qui vont transformer le Mont-Royal en station balnéaire. Elle est sécuritaire car elle ne fonctionne que lorsque mes mains et mes pieds sont loin derrière elle. Enfin, elle ne ramasse pas l'herbe coupée qui se décompose tranquillement en apportant plein d'éléments nutritifs à la faune et à la flore qui peuplent le jardin.

"Crapaude" américaine


Une crapaude de 12 cm, cela n'existe pas, un crapaud d'Amérique de 12 cm non plus. Pourquoi ? Pour la simple raison que la femelle du crapaud  n'est pas la crapaude, et encore moins la grenouille et que les mâles ne font généralement pas plus de 10 cm. 
Par conséquent, l'individu de la photo est probablement une femelle de crapaud d'Amérique (Anaxyrus americanus). La couleur rougeâtre des flancs et de la partie postérieure renforcent cette impression.
C'est la deuxième fois que j'en vois d'aussi grosses, la première au jardin. Il va falloir que j'inspecte le bassin pour voir s'il n'y aurait pas des œufs. Je ne l'ai pas recroisé mais sa catégorie la met à l'abri des plus grosses de nos couleuvres. Pour ce qui est des ratons laveurs et des autres petits mammifères, la plupart savent depuis longtemps que ce genre d'anoures n'est pas très digeste.
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