Le dernier à fleurir


Ce qui doit arriver finit toujours par se produire; il faut juste être prêt à saisir le moment quand il se présente. L'hamamélis de Virginie (Hamamelis virginiana) par exemple, il y a longtemps que j'espérais en trouver en fleurs. Enfin, pour être tout à fait exact, je commençais sérieusement à douter d'en rencontrer un jour. Ce n'est pas faute d'arpenter les sous-bois en automne; c'est simplement que l'arbre se fait rare dans le sud du Québec. Et puis hier, à la fin d'une promenade au Mont Saint-Bruno, sur un sentier que nous marchons régulièrement, je les ai remarqués au bord du chemin, une dizaine de spécimens qui attendaient juste que mon regard se pose dessus.
Je me demande bien quel avantage l'hamamélis tire d'une floraison aussi tardive. Le pollen n'a même pas le temps de se rendre jusqu'à l'ovule avant l'hiver pour le féconder. Il entre en dormance et ne remplit son office qu'au printemps suivant. On pourrait penser que l'arbre a mis au point cette stratégie pour éliminer la concurrence des autres fleurs et s'assurer le monopole des pollinisateurs. Mais, des insectes après les premières gelées, il n'y en a plus beaucoup. Et par ailleurs, les fleurs se débrouillent très bien toutes seules pour la fécondation. Peut-être est-ce une adaptation à un autre climat ou à un autre paysage ? Après tout, il pousse jusqu'en Floride.
Toujours est-il que l'hamamélis est un arbre très recherché, et même cultivé en Europe, pour les propriétés médicinales de son écorce et de ses feuilles. Elles contiennent des composés hémostatiques et veinotoniques, qui sont ajoutés, entre autres, à certaines solutions d'après-rassage pour aider à stopper les saignements. Il a aussi des vertus magiques et ce n'est pas pour rien que les américains l'appellent noisetier des sorcières. Ils l'utilisaient pour trouver les sources d'eau à la manière du coudrier (de la même famille) des canadiens français et des européens .


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