Dindon sauvage, Melaeagris gallopavo, Wild Turkey


Le réchauffement climatique a au moins ceci de bon: il favorise l'élargissement vers le nord de l'aire de distribution des oiseaux méridionaux. Toutefois, ce qui est bon pour l'observateur d'oiseaux ne l'est pas forcément pour l'écologie des autres espèces, qu'elles soient animales ou végétales. Et, en y pensant bien, avec tous ces virus et parasites qui n'attendent qu'un ou deux degrés de plus pour s'installer, ce n'est peut-être pas si bon que cela pour l'observateur d'oiseaux lui-même.
Le dindon est un bel exemple d'espèce qui profite de notre crime. L'ancêtre de toutes les dindes de noël du monde est américain. Au Québec, il s'est installé depuis les années 70. Sa population a longtemps été limitée à l'extrême sud de la province. Oiseau forestier se nourrissant de graines et de petits invertébrés qu'il trouve au sol,  le couvert neigeux de nos hivers l'empêchait d'accéder à sa nourriture.
Ce gros truc inoffensif qui bouge a tout de suite attiré l'attention de ces gros trucs armés qui ne bougent pas et qu'on (consonance fortuite) appelle des chasseurs. On l'a donc réintroduit et aujourd'hui, sans qu'il soit très abondant pour autant, on peut en croiser un peu partout dans le sud du Québec.
Ceux qui voudraient en observer n'ont qu'à parcourir les petites routes de campagne qui bordent les lignes américaines en prêtant attention aux lisières des forêts. On ne peut pas le manquer et il impressionne par sa taille, sa caroncule rouge et cette barbe qui pend de sa poitrine ! Malgré son poids, il vole très bien. Il court aussi, jusqu'à 29 km/h avec des pointes à 48 si j'en crois le dernier numéro du magazine Québec Oiseaux.

C'est le printemps !


Hier vendredi,ce que j'ai pris pour un Bouleau jaune (j'ai tout d'un coup un énorme doute et j'invoque ici la science de Roger et de Luc pour le dissiper) fleurissait aux parc des îles de Boucherville pendant que deux chouettes rayées se faisaient chauffer au soleil.
Ce samedi matin, au mont Saint-Bruno, le cardinal rouge chantait le printemps et un couple de colverts prenait soin de nous préciser qu'un froid de canard, tout relatif qu'il soit, reste au dessus du point de congélation.

Où est le fond ?

La lecture du dernier numéro de Biosphère, le magazine de la Fédération canadienne de la faune, a un petit côté déprimant. De page en page, on y fait le constat du lent recul de la vie devant la progression de l'espèce  autoproclamée supérieure. Il est vrai que si l'évolution se mesure à la capacité d'écraser la concurrence, alors nous sommes bien les gagnants de la sélection du pire.  
Bref, dans ce numéro, on apprend que depuis quelques années, les petits pingouins étendent leur aire de migration hivernale jusqu'en Floride, soit des centaines de kilomètres plus au sud qu'il y a quelques années. Est-ce la conséquence d'un réchauffement océanique qui déplace la nourriture vers d'autres régions ? Toujours est-il que la route est plus longue et que les oiseaux arrivent affaiblis, hypothéquant leur remontée vers les aires de nidification.
Un peu plus loin, on peut lire que la population de Thon rouge du Pacifique a diminué de 96,4 % depuis qu'on le pêche, qu'il reste moins de 1000 couples de chevêches des terriers au Canada, qu'il reste 800 individus de grèbes mitrés dans le monde, que le Bécasseau maubèche (diminution de 70 % de la population depuis 2000) et la Barge hudsonnienne sont menacés, que les effectifs de l'ensemble des oiseaux de rivage ont diminué de moitié depuis les années 70 et que celui des oiseaux marins a chuté de 60 %. Un dernier chiffre pour terminer cette rubrique nécrologique: en 1980, 25000 anguilles par jour remontaient le Saint-Laurent; 20 ans après, on en compte moins de 250.
Mais rassurons-nous, tous les nouveaux moyens de faire de l'argent, ce qu'on appelle le développement durable, vont arranger les choses. Vive la bourse du carbone qui nous permet de continuer à rouler en VUS ! Vive les redevances minières qui vont leur permettre de saccager Anticosti et de piller des ressources non renouvelables ! Vive le plan nord qui va nous permettre d'exploiter un écosystème un peu trop livré à lui-même et aux premières nations !   

Chouette rayée, prise 4


Les plectrophanes promis hier attendront, car une promenade au Mont Saint-Bruno, écourtée en raison d'une foule un peu trop extravertie, nous a quand même permis d'observer notre quatrième chouette rayée de l'hiver.
Si c'est l'année de la chouette lapone au calendrier québécois, pour nous c'en est une à rayée. Elles viennent même nous chercher jusqu'à la maison. Vendredi dernier, un mouvement dans le bois a attiré mon attention alors que nous préparions le souper. Ce fut bref et gros. J'ai d'abord cru à un épervier - ils aiment s'embusquer à la lisière pour surveiller les mangeoires - mais les motifs du plumage avaient quelque chose d'inhabituel. Suffisamment en tout cas pour que je prenne la peine de chercher aux jumelles, qui finirent par me trouver une chouette rayée à travers les branches. Il ne faut pas oublier que la chouette rayée est un prédateur. Difficile en effet de ne pas être la proie de son regard. 

Bruants des neiges et Alouettes hausse-col



Nous avons manqué les hiboux des marais. À la place, nous avons trouvé une bande de bruants des neiges accompagnés de quelques bruants lapons et d'alouettes hausse-col. La preuve demain...peut-être.
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