Camomille allemande

Matricaria recutita (Astéracées) est aussi appelée Camomille sauvage, Petite camomille, Matricaire camomille, Matricaire tronquée ou Camomille vraie.
Originaire des régions tempérées d’Europe et d’Asie, elle a été introduite en Amérique du Nord et en Australie. Elle pousse dans les milieux ouverts, dans des sols peu végétalisés. La plante est très ramifiée et ne dépasse pas 30 cm de haut. Avec ses feuilles divisées en segments filiformes, ses ligules blanches rabattues contre le pédoncule à maturité, elle est difficile à distinguer de la camomille romaine; ce qui n’est pas très grave puisque les deux plantes ont des propriétés communes. Le critère qui permet de la distinguer de la camomille romaine est l'absence d'écaille entre les fleurs. Les fleurs et les feuilles froissées dégagent un parfum qui rappelle l’ananas.
On utilise les fleurs, qui sont anti-inflammatoires, antiphlogistiques, antiseptiques, antispasmodiques, carminatives, cholérétiques, sédatives et stomachiques.
Parmi les principes actifs de la camomille allemande, on trouve :
  • Une huile essentielle anti-inflammatoire (0,4 à 1,5 % de la fleur) dont les principaux constituants sont le chamazulène (1 à 15 % de l’huile essentielle) formé à partir de la matricine pendant la distillation, ainsi que le bisabolol et ses dérivés (environ 50 %). La matricine est un anti-inflammatoire plus puissant que le chamazulène.
  • L’apigénine (8 % de la fleur), un flavonoïde anti-inflammatoire, sédatif et antispasmodique.
Contre la dyspepsie (spasmes gastriques et intestinaux), l'inflammation du tube digestif (gastroentérite, gastrite), l'ulcère gastroduodénal, les flatulences, les ballonnements, la diarrhée, la tension nerveuse, l'agitation, l'insomnie, les douleurs menstruelles, intestinales et hépatiques, les névralgies, le rhume, la fièvre et le mal des transports.
  • Plante séchée à raison de 2 à 8 g, 3 fois par jour.
  • Infusion de 2 à 8 g de fleurs dans 150 ml d’eau), 3 fois par jour.
  • Teinture (1:5 éthanol à 45 %) à raison de 15 ml, 3 à 4 fois par jour 
  • Extrait liquide (1:1 éthanol à 45-60 %) à raison de 1 à 4 ml, 3 à 4 fois par jour.
Contre les hémorroïdes, les plaies (ulcères des jambes, piqûre d'insectes), la tension nerveuse, l'inflammation de la peau (eczéma) et des muqueuses (bouche, gorge), les infections de la bouche, les démangeaisons, la peau sèche, les rides, les infections des yeux, l'inflammation des voies respiratoires, les névralgies et la fièvre.
  • Compresse, rince-bouche ou gargarisme avec une infusion de 100 g de fleurs par litre d’eau ou avec 5 ml de teinture (1:5) diluée dans 100 ml d'eau ou encore avec 1,5 ml d'extrait liquide dilué dans 100 ml d'eau.
  • Cataplasme de fleurs.
  • Bain avec une infusion de 50 g de fleurs pour 10 litres d'eau (nervosité, névralgie, démangeaisons).
  • Huile (1:8 à froid, 1x1mois) à appliquer sur la peau; on peut ajouter 2 ml d'huile essentielle de lavande (irritation de la peau, douleur, peau sèche).
  • Inhalation des vapeurs d'une infusion de 20 g par litre d’eau.
Chez les personnes sensibles aux plantes de la famille des astéracées, la camomille peut provoquer des allergies.



Angélique officinale

Photo de Kat from St Albans, United Kingdom,
[CC-BY-2.0], via Wikimedia Commons
Angelica archangelica (Apiacées) est aussi appelée Angélique vraie, Herbe aux anges, Archangélique, Angélique des jardins, Angélique médicinale ou Herbe du Saint-Esprit.
L’angélique est une grande plante bisannuelle qui peut atteindre 2 m de haut. Originaire d’Eurasie, elle est cultivée en Amérique du Nord, en particulier au Québec. Elle pousse dans les terrains humides. Il faut faire attention de ne pas la confondre avec d'autres plantes toxiques de la même famille.
On utilise la racine et les graines, qui sont amères, anti-inflammatoires, antispasmodiques, anxiolytiques, apéritives, carminatives, cholagogues, digestives, emménagogues, expectorantes, galactogènes, sédatives, stomachiques, sudorifiques et toniques.
Parmi les principes actifs de l’angélique officinale, on trouve :
  • Des coumarines (antiplaquettaires, photosensibilisantes) dont l’angélicine, l’archangélicine, le bergaptène, l’impératorine (antitumorale), l’osthol (0,2 % de la racine), l’ombelliférone et la xanthotoxine (antitumorale).
  • Une huile essentielle (0,3 à 1,3 % de la racine et des graines) composée de 80 à 90 % de monoterpènes, dont le phellandrène, le pinène, le sapinène, le limonène et le bornéol.
  • L’archangélénone, un flavonoïde.
Contre le manque d'appétit, la dyspepsie, (spasmes gastriques ou intestinaux, colique), l'indigestion, les ballonnements, les flatulences, les infections respiratoires (rhume, pneumonie), la toux, l'asthme, la bronchite, la pleurésie, les infections urinaires, les douleurs rhumatismales, la fièvre, la dysménorrhée, le syndrome prémenstruel, la fatigue, la rétention d'eau et l'insomnie.
Pour aider à l'évacuation du placenta après l'accouchement.
  • Racine séchée jusqu'à 4,5 g par jour.
  • Graines à raison de 1 à 2 g par jour.
  • Infusion de 1 à 2 g de graines ou de 2 g de racine dans 150 ml d’eau, 3 fois par jour, une demi-heure avant les repas.
  • Décoction (10 minutes) de 2 g de racine dans 150 ml d’eau, 3 fois par jour, une demi-heure avant les repas.
  • Huile essentielle à raison de 4 à 7 gouttes, 3 fois par jour.
  • Vin d'angélique (graines 1:16, 3 jours) à raison de 30 ml avant les repas.
  • Teinture de racine (1:5 éthanol à 50 %) à raison de 0,5 à 2 ml, 3 fois par jour.
  • Extrait liquide de racine (1:1 éthanol à 25 %) jusqu'à 2 ml, 3 fois par jour.
L'angélique est contre-indiquée pendant la grossesse (abortive) et il est préférable d'éviter les bains de soleil et l'exposition intensive aux rayons ultraviolets pendant le traitement car elle est photosensibilisante.



Mineur et chevelu...

...sont les deux espèces de pics les plus faciles à observer au Québec en hiver. Ils sont abondants, on les trouve partout où il y a des arbres, y compris au centre-ville de Montréal, et il n'y a plus de feuilles pour les cacher. Pour peu qu'on ait suspendu un peu de suif, quelque part à l'abri des écureuils gris, alors on est sûr d'en voir.
Si ce n'est leur taille, le pic mineur (Picoides pubescens) et le pic chevelu (Picoides villosus) se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Tous les deux sont blanc et noir, et les mâles des deux espèces ont une tâche rouge en arrière de la tête. Le pic chevelu est un  peu plus grand que le pic mineur, mais il faut utiliser ce critère avec prudence car un petit pic chevelu n'est pas très différent d'un gros gros pic mineur. Par ailleurs, comme le pic mineur est bourré de complexes, il se pose très rarement à côté du chevelu pour fin de comparaison. Dans les vidéos suivantes, qui ont été prises avec le même facteur de grossissement, on peut quand même se faire une idée de la taille relative des deux espèces par rapport à la mangeoire: le "chevelu" la dépasse largement en haut et en bas alors que le "mineur" est à peu près de la même hauteur.


Outre la taille qui peut prêter à confusion, un autre critère à considérer est la proportion du bec par rapport à la tête. Chez le mineur, la longueur du bec est plus petite que celle de la tête dans son prolongement alors que chez le chevelu, le bec est aussi long que la tête. Si, avec un peu d'habitude et après beaucoup d'hésitations, on  arrive presque toujours à faire la différence, il reste un dernier moyen pour identifier les pics récalcitrants.
En cas de doute, il faut regarder à l'autre bout de l'oiseau, les plumes extérieures de la queue, et si possible la face inférieure où les marques sont plus visibles. Chez le pic chevelu, ces plumes sont blanc immaculé; chez le pic mineur, elles sont striées ou tachées de noir.



Chez les pics, la queue sert autant de gouvernail pendant le vol que de point d'appui une fois posé sur une surface verticale; leurs plumes se terminent en pointe et elles sont beaucoup plus rigides que chez les autres oiseaux.

Aneth

Photo de Mnolf (Rum, Austria)
[GFDL, CC-BY-SA-3.0 or CC-BY-SA-2.0],
via Wikimedia Commons
Anethum graveolens (Apiacées) est aussi appelée Aneth odorant, Fenouil puant, Fenouil bâtard ou Faux anis.
L’aneth est une plante annuelle originaire du bassin méditerranéen ou d’Asie centrale, qui est cultivée en Amérique du Nord.
On utilise les graines mûres qui sont antispasmodiques, bactériostatiques, carminatives, cholagogues, cholérétiques, digestives, diurétiques, galactogènes et mucolytiques.
Parmi les principes actifs de l’aneth, on trouve :
  • Une huile essentielle qui constitue 5 % de la graine et qui est riche en carvone (35 à 50 % de l’huile essentielle), une cétone monoterpénique à laquelle on attribue l’effet antispasmodique.
Contre la dyspepsie (douleurs gastriques), la gastrite, la colique (spasmes intestinaux), les flatulences, les douleurs menstruelles, la toux, la congestion bronchique et la mauvaise haleine.
  • Graines à raison de 1 à 4 g par jour.
  • Infusion de 2 à 4 g de graines grossièrement moulues dans 150 ml d’eau, 1 à 3 fois par jour.
  • Teinture (1:5) à raison de 5 à 15 ml par jour.
  • Huile essentielle à raison de 0,1 à 0,3 ml par jour.
L'aneth peut provoquer des réactions allergiques. Son huile essentielle est contre-indiquée aux femmes enceintes ou qui allaitent, en raison de ses effets abortifs et neurotoxiques. Il ne faut pas en donner aux enfants de moins d'un an.



Gros-père

Quand écrire 10 lignes vous demande tout un effort, quand tout geste prend des allures de montagne à soulever, c'est la dépression saisonnière. Rien de bien grave, mais il va falloir attendre encore jusqu'au 10 janvier avant que ma glande pinéale comprenne que les jours rallongent. En attendant, je vais me forcer pour présenter Gros-père. 


Gros-père, c'est le nom qu'on a donné à un vieux chat errant et borgne, mangeur d'oiseaux et de tamias rayés que nous n'avons pas pu nous empêcher de prendre en pitié. Il n'est pas rancunier, car, plus jeune, je le chassais du jardin. Je pressentais en lui un redoutable chasseur; ce que sa longévité et ses cicatrices n'ont pas démenti.
Aujourd'hui, nous essayons de l'aider à passer à travers la mauvaise saison sans en faire plus que de lui offrir de l'eau et de la nourriture. Nous avons renoué quelques liens d'amitié respectueuse. Jamais il ne franchit le seuil de la porte; il aime trop sa liberté. Nous sentons que la fin se rapproche et quand il n'est pas au rendez-vous, nous l'imaginons couché au pied d'un arbre dans le bois, reposant là où il a aimé vivre. Mais, il n'en finit pas de nous surprendre et il réapparait toujours sur le pas de la porte. 
Vivement le printemps !

Un visiteur inattendu

Des trois espèces de moqueurs visibles en été au Québec, le polyglotte (Mimus polyglottos) est probablement la moins fréquente. En cette saison, cela devient une visite digne de mention; les "cocheux" apprécieront.

Houblon

Humulus lupulus (Cannabacées) est aussi appelée Houblon grimpant, Couleuvrée, Couleuvrée septentrionale, Vigne du nord, Bois du diable ou Salsepareille.
Plante grimpante originaire d’Eurasie, elle est cultivée et s’est naturalisée ailleurs, notamment en Amérique du Nord. Les sexes sont séparés sur des plantes différentes.
Les inflorescences femelles sont utilisées pour aromatiser la bière, pour stabiliser sa mousse et comme agent conservateur. Une rumeur veut que les femmes vivant à proximité d’un pied de houblon aient leurs règles 2 jours après la pleine floraison.
On utilise la fleur femelle (strobile ou cône), qui est antalgique, apéritive, bactéricide, galactogène, oestrogénique et sédative.
Parmi les principes actifs du houblon, on trouve :
  • Des flavonoïdes dont l’hopéïne (8-prénylaringinine), auquel on attribue un effet oestrogénique.
  • Une oléorésine (15 à 30 %) contenant des humulones (2 à 12 %) et des lupulones (1 à 10 %) auxquels on attribue l’effet bactéricide. Ces composés se dégradent avec le séchage en 2-méthyl-3-butène-2-ol qui serait responsable des effets sédatifs et spasmolytiques du houblon.
  • Une huile essentielle (0,5 à 1,5 %) dont les principaux constituants sont le myrcène et l’humulène.
Contre l'insomnie, la douleur, la nervosité, l'anxiété, le priapisme, les migraines d'origine nerveuse ou digestive, la rétention d'eau, le manque d'appétit, l'anorexie, la dyspepsie, les colites et les brûlures d'estomac.
  • Strobiles séchés à raison de 0,4 g, 2 fois par jour.
  • Infusion de 0,5 à 1 g de strobiles dans 150 ml d’eau, 3 à 4 fois par jour.
  • Décoction rapide de 3 strobiles  par tasse d'eau, 3 fois par jour.
  • Teinture (1:5 éthanol à 60 %) à raison de 1 à 2 ml, 3 fois par jour.
  • Extrait liquide (1:1 éthanol à 45 %) à raison de 0,5 à 2 ml, 3 fois par jour
Contre l'insomnie, les abcès, les furoncles et les ulcères cruraux.
  • Coussin obtenu en mélangeant 50 g de cônes séchés avec 30 g de feuilles de cataire séchées et 20 g de fleurs de tilleul séchées dans un sac en coton ou en lin, à poser  sur la partie douloureuse ou sur l’oreiller.
Le houblon peut provoquer des allergies respiratoires et de contact.



In memoria


Même inachevé, ils ont réussi leur coup. Rien n'a bougé et on se souvient d'eux.
Par contre, s'il faut en croire la vue vantée par le panneau d'interprétation, la paysage a bien changé en 5500 ans, car aucune percée dans les arbres ne nous a laissé admirer le panorama.



Signe des temps


Vu à Tours (France) et ailleurs, cette nouvelle tendance à vouloir priver les arbres d'une dimension. Faut-t-il y voir la traduction d'une rectitude (pour ne pas dire rigidité) morale ou la volonté de nous tailler un monde à notre mesure, finalement assez limitée. Est-ce beau ?
"Regagnez les rangs où vous serez abattus. Nous ne tolèrerons aucun écart."  Une vision de l'avenir ? L'avenue semble toute tracée.

Anthrisque des bois, Anthriscus sylvestris, Wild Parsley


Sans le persil sauvage, nos automnes et nos printemps seraient moins verts. D'ailleurs c'est à peu près le seul moment où ses grandes colonies émergeant tout juste du tapis de feuilles mortes attirent l'attention du promeneur. En été, il est toujours là, au bord des routes et des chemins forestiers, mais on confond ses fleurs blanches avec d'autres ombelles de la famille comme la carotte sauvage. Et puis, le vert, c'est comme tout le reste, il faut en manquer pour l'apprécier. 


L'anthrisque est une plante invasive d'Europe que l'on aurait commencé à remarquer au Québec dans les années vingt. Elle, ou il (?), appartient au même genre que le cerfeuil (Anthriscus cerefolium) et on dit que ses parties aériennes sont comestibles quoique d'un goût plus fort que sa congénère et à la limite du déplaisant. Sa racine, quant à elle, contient un antimitotique (substance qui empêche la division des cellules) qui la rend toxique. 


Aubépine monogyne, Crataegus monogyna, Common Hawthorn


Il parait qu'on la trouve au Québec, mais je ne l'y ai jamais vue. Celle-là vient de Touraine où elle abonde. L'aubépine est un arbuste qui pousse rapidement dans les premières années, puis qui s'économise pour vivre plusieurs centaines d'années; certains disent même plus de 1000 ans. Généreuse, elle contribue aussi à nous prolonger car l'extrait de ses fleurs permet de traiter l'arythmie et l'insuffisance cardiaque légère à modérée; une propriété connue depuis longtemps des herboristes et confirmée depuis peu par la science.
Ce ne sont pas ses seules vertus. Dans "le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux" de l'ethnobotaniste Pierre Lieutaghi, on peut lire que c'est l'arbre bienfaisant des campagnes, associé au culte de la Vierge. On s'y abrite le temps d'un orage, car il n'est jamais frappé par la foudre. On peut même porter un rameau pour se promener sans risque d'être foudroyé. Encore plus magique, les branches plantées sur les tas de fumiers ou clouées à la porte d'une étable empêchent la prolifération des serpents et des crapauds. Enfin, à essayer chez vous: un rameau cueilli à minuit le jour de Noël fleurira à la chandeleur.  

Voyageurs et casaniers

Les oiseaux reviennent souvent nicher au même endroit, même après avoir parcouru des milliers de kilomètres. Ainsi, d'une année à l'autre, les fous de Bassan renflouent la caisse des bateliers de l'île Bonaventure (Québec, Canada), les hirondelles rustiques décorent les automobiles du stationnement étagé de l'université de Montréal et Owl 99906, la jeune Harfang des neiges de l'aéroport Logan de Boston (États-Unis), passe l'hiver à regarder atterrir les avions. Après l'avoir équipée d'un émetteur, des curieux de Mass Audubon (un organisme voué à la protection de la nature du Massachusetts) ont suivi ses déplacements  du 4 mars 2012 au 15 janvier 2013.

Route migratoire du harfang owl 99906 
Extrait du site Mass Audubon: Protecting the nature of Massachusetts
http://www.massaudubon.org/get-outdoors/wildlife-sanctuaries/blue-hills/snowy-owl-project/migration-maps

Il était une forêt


J'ai été voir en France le dernier film de Luc Jacquet, "Il était une forêt", qui met en scène le botaniste Francis Hallé et la forêt tropicale. Dit comme ça, cela peut paraître un brin vaniteux mais ce fut un concours de circonstances.
J'avais de grosses attentes; alors forcément, j'ai été déçu. Décalage horaire oblige, j'ai  même cogné deux ou trois clous à mi-parcours. Les commentaires ne m'ont pas appris  grand chose et leur poésie ne m'a pas touché. Par ailleurs, l'incrustation de dessins animés ne parvient pas à réconcilier le temps de l'arbre et celui du 24 images par seconde. 
À voir pour soutenir la cause !

  
    

Pain de perdrix, Mitchella repens, Squaw Vine


Couvre-sol des sous-bois du nord-est américain, sa nervure centrale vert pâle contraste avec le reste de la feuille et attire l'attention. Alors, on se penche et on remarque les fleurs ou les fruits; c'est selon la saison. Les fleurs, petites et blanches, valent la peine qu'on s'y attarde; au moins le temps d'admirer leur "barbe". Elles vont par deux et sont tellement proches que les fruits qu'elles deviendront, fusionnent en mûrissant.


Les fruits, ils sont peu nombreux. C'est probablement parce qu'ils sont très appréciés des oiseaux forestiers. D'ailleurs, ces derniers n'ont pas toujours été les seuls à s'intéresser à la plante. À une époque, qui n'est pas assez lointaine pour qu'on accepte de s'en souvenir,  les femmes amérindiennes, en particulier les Delaware/Lenape, les Cherokee et les Iroquoises/Haudenosaunee utilisaient les propriétés utérotoniques de ses feuilles et de ses fruits pour faciliter l'accouchement, pour soulager les douleurs menstruelles et pour provoquer l'avortement. La tradition s'est perpétuée parmi les colons européens.

Impatientes, henné et herbe à puce

Dans le monde, il y aurait entre 800 et 1000 espèces d'impatientes ou de balsamines. Au Québec, on en trouve deux (sans compter les espèces cultivées): l'impatiente pâle (Impatiens pallida) à fleur jaune munie d'un éperon coudé à angle droit et l'impatiente du Cap (Impatiens capensis) à fleur orange teintée de rouge et à éperon replié contre la fleur.
Les amérindiens les utilisaient contre les piqûres d'insectes, les "brûlures" d'ortie et d'herbe à puce. Il suffirait de broyer les parties aériennes et de les appliquer sur la peau.
Pourquoi pas ? Elles contiennent des naphtoquinones qui ont des effets anti-inflammatoires et fongicides. Dans l'impatiente du Cap, on trouve en particulier la 2-hydroxy-1,4-naphtoquinone, à peine mieux connue sous le nom d'acide hennotannique ou de lawsone. Mais si je vous dis que c'est l'agent colorant du henné, alors là tout de suite...
Impatiente pâle
La science s'est évidement penchée sur les effets thérapeutiques de l'impatiente du Cap, mais comme souvent est restée dans l'incertitude. Certaines études concluent à l'absence d'effets; d'autres que la plante est aussi efficace que le savon. Ce n'est pas si mal car il est plus facile de trouver des impatientes du Cap à côté de l'herbe à puce que du savon.

Impatiente du Cap

De feu et de glace

Les collines montérégiennes sont de véritables amers pour le voyageur venant de l'Estrie. Pour arriver à bon port au pied du Mont-Royal, il lui suffit de passer entre les monts Shefford et Brome, puis de laisser le mont Yamaska à sa droite pour se diriger entre les monts Rougemont et Saint-Grégoire. Il n'aura ensuite qu'à longer les monts Saint-Hilaire et Saint-Bruno.

Emprunté à: Les collines montérégiennes en 3D par Pierre Bédard 2001 - 2007
Ce chapelet de collines, qui barre la plaine du Saint-Laurent, se poursuit à l'ouest avec la colline d'Oka. Vers l'est, elles se perdent dans les sommets des Appalaches où seul le mont Mégantic se distingue encore par la nature de ses roches. Plus loin, elles réémergent aux États-Unis avant de se noyer définitivement dans la plaine abyssale de Sohm au large des côtes du Maine et de la Nouvelle-Écosse.


Certains vous diront que les montérégiennes sont les restes de vieux volcans. Une seule certitude: elles sont d'origine magmatique. Pour le reste, il aurait fallu que le magma jaillisse à la surface. Or, les montérégiennes n'ont pas toujours vu la lumière du soleil. En réalité, ce serait plutôt des plutons, c'est-à-dire du magma qui s'est infiltré dans la croûte terrestre et refroidi avant d'avoir pu atteindre la surface.
Il y a environ 230 millions d'années, le continent Pangée s'est divisé en deux pour donner naissance à l'océan Atlantique. La plaque de l'Amérique du Nord s'est alors séparée de l'Eurasie et s'est mise à dériver lentement vers l'ouest; un mouvement qui se poursuit aujourd'hui à la vitesse de 1,15 cm par an. Une centaine de millions d'années plus tard, un point chaud sous la plaque américaine produit une première infiltration de magma au dessous de ce qui deviendra Saint-André à l'ouest d'Oka. Si vous aviez pu marcher dans la région à l'époque, vous n'auriez probablement rien remarqué; tout se passait sous vos pieds sous 2000 m de roches sédimentaires.
Un point chaud est une colonne de magma plus chaud qui remonte régulièrement des profondeurs du manteau terrestre à des endroits particuliers sous la croûte terrestre. Quand le magma parvient à la surface, cela donne lieu à une activité volcanique. Ainsi, l'île d'Hawaï est la manifestation d'un point chaud situé au dessous de la plaque pacifique.
Tandis que la plaque nord-américaine continuait de flotter tranquillement vers l'ouest, l'activité du point chaud a diminué pour reprendre quelques milliers ou millions d'années plus tard au dessous de ce qui deviendra les collines d'Oka. Et ainsi de suite jusqu'à obtenir la série des collines montérégiennes.
Pour ce qui est de leur émergence, on la doit aux glaciers qui ont recouvert plus du tiers de l'Amérique au cours des deux derniers millions d'années.

Carte mondiale des inlandsis lors de la dernière glaciation
Par Hannes Grobe 23:06, 21 July 2006 (UTC),
Alfred Wegener Institute for Polar and Marine Research, Bremerhaven, Germany
translated by Sting [CC-BY-SA-2.5], via Wikimedia Commons
Le passage des glaces a arraché et raboté les roches sédimentaires de la plaine du Saint-Laurent, dégageant progressivement les roches métamorphiques et magmatiques des montérégiennes, plus résistantes à l'érosion.
Puis les glaciers se sont retirés. Il y 11000 ans, profitant de la fonte des glaces, les eaux de l'océan Atlantique ont inondé la vallée du Saint-Laurent pour former la mer de Champlain d'où émergeait le mont Saint-Hilaire, entre autres.
La vallée du Saint-Laurent et les terres alentours, soulagées du poids des glaciers ont commencé à remonter, repoussant l'océan Atlantique jusqu'aux côtes que nous connaissons aujourd'hui. Le phénomène se poursuit encore aujourd'hui et la baie d'Hudson continue à s'élever au rythme d'environ 60 cm tous les 100 ans.
En se promenant sur les montérégiennes, on peut voir les traces laissées par le passage des glaciers sur les affleurements rocheux. Elles prennent la forme de cannelures creusées par les roches charriées à la base du glacier.

Mont Rougemont




Mea culpa, mea maxima culpa

Voilà, on écrit pour l'internet et on oublie qu'on ne maitrise pas la destination et la portée des messages. Le billet précédent sur la salamandre cendrée était un acte mal réfléchi. Il est la démonstration qu'en voulant attirer l'attention sur le vivant et promouvoir la défense de l'environnement, on risque aussi de lui nuire; l'enfer n'est-il pas pavé de bonnes intentions ?.
Heureusement, j'ai peu de lecteurs et ce sont des personnes conscientes de leur impact sur l'environnement. Mais, comme je le disais plus haut, je n'ai aucune influence sur la portée du message. Alors dans le doute et selon le principe de précaution, je préfère m'abstenir ou rectifier.
Quel est le problème du billet précédent, billet dont j'ai changé le texte ? Débordant de l'enthousiasme de ma découverte, je donnais quelques trucs pour trouver des salamandres et donc les déranger. Finalement, j'incitais indirectement les lecteurs à faire aussi mal que moi.
Je dois préciser que je ne cherche pas à tout prix des salamandres, ni toute autre forme de vie d'ailleurs. Je suis curieux mais capable de réfréner ma curiosité. Mon plaisir se limite bien souvent à me promener et à anticiper quelle forme de vie j'ai le plus de chance de croiser en fonction de l'habitat que je fréquente. Savoir quel mammifère pourrait habiter dans le creux d'un arbre, quel oiseau pourrait chanter dans une forêt de conifères et quel batracien pourrait vivre sous cette latitude me suffit amplement. 
Mais pour ça, il faut avoir retourner des pierres, regarder dans le creux des arbres, appris à reconnaître les oiseaux, avoir lu, explorer, expérimenter, et même pécher des grenouilles, élever des escargots, des araignées et j'en passe. Alors, j'encourage tout le monde et surtout les enfants à en faire autant. La pire chose qu'on puisse faire à la nature, c'est d'ignorer sa présence.  

Salamandre cendrée, Plethodon cinereus, Redback Salamander

On se crée parfois sa propre prison. Par exemple les salamandres, j'avais fait une croix sur leur observation, me disant que si le hasard ne m'avait pas encore permis d'en voir, c'est qu'elles étaient plutôt rares et que l'effort n'en valait peut-être pas la chandelle. J'avais bien déjà soulevé quelques vieilles souches vermoulues et quelques pierres dans des boisés humides, mais sans succès. Ma blonde y croyait encore, moi plus trop. Je me contentais d'admirer, non sans jalousie, les observations des autres.


Mais voilà, on finit par rencontrer des personnes qui en ont vu. D'abord la conjointe d'un biologiste qui  raconte comment elle l'a accompagné dans des inventaires et qui vous explique quelques trucs pour les trouver. Et puis Sarah Noël , une généticienne qui a publié sur la salamandre et qui se montre surprise que nous n'en ayons pas encore vu, tant certaines sont abondantes. Alors, on se dit: "pourquoi pas nous ?" et on devient plus attentif.


Récemment, au cours d'une excursion dans les Cantons de l'Est, nous sommes tombés sur un panneau d'interprétation expliquant que la salamandre pourpre, une espèce rare au Québec, habitait les lieux; un signe supplémentaire. En poursuivant la promenade, nous trouvons des vieilles planches livrées aux mousses et aux champignons, restes de la construction mal planifiée d'une passerelle. En en soulevant une, pour vérifier son état, nous voyons quelque chose bouger...Un ver ? Étrange, il y a comme une tête. On regarde de plus près et on voit des pattes. Surprise, une salamandre. Surprise en effet, car, mal documentés et restés sur l'impression laissée par la découverte d'un cadavre de salamandre maculée quelques années auparavant, nous cherchions quelque chose de plus gros.

    
La salamandre cendrée fait partie de l'ordre des urodèles qui regroupe les salamandres, les nectures et les tritons. Au Québec, on compte une seule espèce de necture (famille des protéidés), une seule espèce de triton (famille des salamandridés), 8 espèces de salamandres (famille des ambystomatidés et des pléthodontidés) et des salamandres hybrides entre la salamandre de Jefferson et la salamandre à points bleus qui forment le complexe de la salamandre de Jefferson. Certaines espèces sont douées d'autotomie, c'est-à dire que leur queue ou une partie de celle-ci se détache spontanément du corps quand on exerce une pression dessus; un excellent moyen d'échapper à un prédateur.
La salamandre cendrée fait partie de la famille des pléthodontidés, qui sont dépourvus de poumons et qui respirent par le palais et par la peau. C'est l'une des plus abondantes au Québec. Elle ne dépasse pas les douze centimètres et peut prendre des colorations tellement variées qu'il vaut mieux se fier à son ventre grisâtre pour l'identifier.     

Clématite de Virginie, Clematis virginiana, Devil's Darning Needles

Aussi belle en graines qu'en fleurs, Marie-Victorin la dit générale au Québec. Jusqu'à celle-là, je ne l'avais vu que dans le parc du Mont-Tremblant (Laurentides). Quant au spécimen de la photo, nous venons de le trouver au pied du Mont Saint-Bruno sur un chemin que nous fréquentons pourtant régulièrement. La clématite était dans son habitat: en lisière, au bord d'un fossé encore très humide malgré la sécheresse ambiante. Cétait le seul exemplaire.
J'ai lu quelque part que la médecine populaire nord-américaine l'utilisait entre autres pour soigner les plaies et les coupures. Étonnant car sa cousine européenne, la clématite des haies (Clematis vitalba), qui lui ressemble beaucoup, fait tout le contraire. Dans le but d'inspirer pitié aux passants, les mendiants s'infligeaient des plaies ou des marques sur la peau en se frottant avec sa sève irritante; d'où le nom d'Herbe aux gueux qu'on lui a donné et qui s'est transporté au Québec pour désigner la clématite de Virginie.


 

500

500 billets, 500 photos ou vidéos, mais pourquoi et surtout à quoi bon ?
Juste une contribution à l'effort de quelques uns pour promouvoir le vivant, mais GIEC comme l'impression que toutes ces tentatives n'avancent pas à grand chose
Peu importe, il reste devant ma porte un bâton de bois pour m'appuyer, sonder, écarter, pointer et atteindre. Il reste dans ma poche un couteau pour tailler, cueillir, éplucher et manger et, pendue à mon épaule, une besace pour transporter, récolter et ramener.    

Que décidera la nouvelle ?


Est-il exagéré de dire que sans les plantes, nous ne serions rien ? Rien dans le sens physico-chimique du néant. À bien y réfléchir, je ne crois pas. Car toute la matière qui constitue une plante verte, ses lipides, ses acides aminés, ses glucides, ses acides nucléiques et quelques autres métabolites, tout sans exception est fabriqué à partir d'eau, de gaz carbonique, de quelques sels minéraux et de soleil.
6 CO2 + 6 H2O + quelques photons pour alimenter la machine en énergie -------> C6H12O6 (un sucre) + 6 O2 + tout le reste, c'est-à-dire nous, entre autres. 
Parce que nous, tout ce qui nous constitue, nos lipides, nos acides aminés, nos glucides, nos acides nucléïques et quelques autres métabolites, tout sans exception est fabriqué à partir de ce que nous mangeons: des plantes et des animaux qui mangent des plantes.
C'est ce que me faisait remarquer mon philodendron alors que je faisais le ménage du bureau. Coincé derrière les feuilles mortes de ma bibliothèque, il calcule soigneusement l'alignement de ses capteurs solaires afin intercepter les quelques photons que veut bien lui laisser la fenêtre et qui sont indispensables à sa photosynthèse (et donc indirectement à ma survie).
Je me demande bien si la nouvelle feuille prendra la place d'une ancienne, devenue moins productive, ou si elle commencera une nouvelle rangée ?     

Le temps de la faîne

Difficile de trouver un accès pour se promener sur le Mont Rougemont, particulièrement pendant le temps des pommes. Ses abords sont encerclés par les vergers et rien ne ressemble plus à des voleurs de pommes qu'un couple de naturalistes. Mais si vous le demandez gentiment, un résident vous dévoilera peut-être le secret de son accès; c'est ce que nous avons fait.

Hêtre à grandes feuilles
Ensuite, si vous ne vous faites pas renverser par un des nombreux vélos de montagne qui saccagent le sous-bois, si vous ne vous faites pas tasser sur le bord du chemin par un cavalier ou harceler par le chien d'un promeneur, vous aurez le plaisir de prendre votre dose de  micro-ondes au pied des émetteurs installés sur le sommet tout en admirant la vue sur la vallée du Saint-Laurent et sur les montagnes plus à l'est. 
Faînes
Il y a sûrement des choses intéressantes à découvrir à l'écart du chemin, mais je suis plus discipliné qu'un vélo de montagne et j'ai respecté, cette fois au moins, les panneaux d'interdiction d'entrée qui m'incitaient à rester dans le droit chemin; origine étrangère et charte des valeurs québécoises oblige.  


Mais, pour revenir au titre du message, nous avons quand même eu le plaisir de contempler des impatientes pâles (ça faisait longtemps) et de ramasser des noix de caryer cordiforme ainsi que des faînes, ces espèces de petites châtaignes produites par les hêtres. Elles se mangent décortiquées et grillées; vous n'aurez qu'à lire la prochaine encyclopédie des fruits publiée par Québec Amérique à laquelle je ne suis pas complètement étranger pour en savoir un peu plus. Elles sont aussi comestibles crues, mais il ne faut pas en abuser. L'enveloppe de l'amande contient en effet de la fagine et il parait qu'à fortes doses, elle a des effets secondaires désagréables. On ne parle quand même pas de grande toxicité. 

Brou et noix

Clavaires

Ces champignons saprophytes font ressembler la forêt à un monde sous-marin


Quand sera-t-il trop tard ?

Un couple penché sur une fleur ou le nez en l'air, regardant fixement dans une même direction, peut susciter l'intérêt du passant et parfois même la conversation. Cette année, mise à part la fameuse entrée en matière "qu'est-ce que vous regarder de beau ?" ou une de ses formes dérivées, deux remarques sont revenues constamment  dans les discussions: "pourquoi y-a-t-il moins d'oiseaux cette année ?" et "je n'ai vu qu'un monarque cette année".

Monarque

Ce à quoi nous avons répondu que les populations animales peuvent varier d'une année sur l'autre, qu'il est impossible d'établir une tendance à partir d'une seule observation, qu'elles sont soumises à des cycles naturels d'abondance, que des conditions particulières peuvent les favoriser temporairement ou leur nuire. Par exemple, cette année, beaucoup d'oiseaux, dont les colibris du jardin, ont été retardés à cause de conditions météorologiques défavorables aux États-Unis. Néanmoins, force est de constater qu'à ces fluctuations saisonnières s'ajoute une tendance générale à la baisse.
Tous les observateurs d'oiseaux vous le diront, il y en a de moins en moins chaque année. Le rapport sur l'état des populations d'oiseaux du Canada disponible ici le confirme: les effectifs des oiseaux nicheurs diminuent constamment depuis 1970, une baisse de 12 %. Des espèces, abondantes il y a quelques années, ont disparu des listes d'observation. Personnellement, il y a longtemps que je n'ai pas vu un gros-bec errant et, dans un autre ordre d'espèces, la rainette faux grillon qui chantait au printemps derrière chez nous s'est éteinte depuis deux ans déjà. Nous entretenons un parterre d'asclépiade (c'est un bien grand mot pour une plante indigène considérée comme une mauvaise herbe par ceux qui n'ont pas d'odorat). Nourriture presque exclusive du Monarque, cette année, il n'a été survolé que par un seul papillon. Ce ne serait pas inquiétant si on ne connaissait pas les menaces qui pèsent sur ce migrateur: la traversée de la "corn belt" américaine, de ses pesticides, la disparition ses forêts mexicaines du Michoacán où ils se rassemblent.
Le constat de cette perte continuelle sera-t-il suffisant pour l'inverser ? Constater le déclin est une chose, il nous reste à faire le lien avec nos gestes quotidiens et à changer nos habitudes. 


Petite centaurée commune, Centaurium erythraea, Common Centaury

   
La petite centaurée commune a de nombreux autres noms: Petite centaurée, Érythrée, Érythrée petite-centaurée, Quinquina d'Europe, Herbe à Chiron, Herbe au centaure, Herbe à la fièvre, Herbe à mille florins, Fiel de terre ou Gentianelle.
Originaire d'Eurasie, on la trouve aujourd'hui en Afrique du Nord, en Australie et en Amérique du Nord où elle pousse dans les lieux ensoleillées (prairies, friches) dans des sols bien drainés et plutôt siliceux; elle s'est établie au Québec avec sa congénère la petite centaurée élégante (Centaurium pulchellum).
Selon la légende, le centaure Chiron l'aurait utilisée pour tenter de soigner une blessure au genou causée par une flèche empoisonnée que lui avait décochée Hercule. Étant immortel et ne parvenant pas à se soigner, Chiron demanda aux dieux de lever son immortalité afin d'abréger ses souffrances. Comme quoi, les débats sur le suicide assisté ne datent pas d'hier.
Quoi qu'il en soit, les vertus thérapeutiques de la petite centaurée se sont adaptées aux besoins de son époque. Antalgique et antipyrétique (ou fébrifuge) pour les guerriers grecs, elle stimule aujourd'hui l'appétit de l'occidental sédentaire et l'aide à digérer son macdo. L'élégante a les mêmes propriétés; il n'y a donc pas à s'inquiéter de la confusion.
Elle n'est pas toxique. En tout cas, personne ne s'est relevé pour s'en plaindre. Mais attention quand même en cas de brûlures d'estomac ou d'ulcère gastroduodénal.    

Loup, y es-tu ?

21 août, mont Winslow, parc national de Frontenac (Québec). Il commence à faire chaud sur le chemin du retour et la collation prise sur la rive du lac Maskinongé se révèle plus pesante dans l'estomac que dans le sac. À cette saison et à cette heure, les oiseaux sont plus discrets et nous, moins attentifs. Sur le bord du sentier, des traces de chevaux nous font comprendre pourquoi il a été taillé si large. Un peu plus loin, un excrément donne un regain d'intérêt à l'excursion. Il en faut peu; une quinzaine de centimètres de long, deux de large, effilé aux extrémités et assez frais pour intéresser des mouches. Nous en savons assez pour dire ce que ce n'est pas, mais trop peu pour identifier l'animal.
En poursuivant notre route, nous trouvons, dans une plaque de boue encore tendre, ce qui restera de cette promenade dans notre mémoire : quatre belles séries d'empreintes bien rangées de bas en haut, de la plus petite à la plus grande.


Les traces les plus petites sont à peine visibles, elles forment un trait qui souligne l'empreinte du coin inférieur droit de la photo ci-dessus. Elles ont probablement été laissées par un crapaud d'Amérique; ils nous ont accompagnés tout au long de notre marche.

Crapaud d'Amérique

Au-dessus des empreintes de crapaud, une trace de patte d'environ 5 cm de long. La forme, les quatre doigts et l'absence de griffes suggèrent qu'elles ont été laissées par un félin. Lynx du Canada, lynx roux ou chat ? La taille (trop petite) et la forme du coussinet principal (trop irrégulière) disqualifient le lynx du Canada.  Je ne parle même pas du cougar, beaucoup plus grand et très peu représenté au Québec. Les trois lobes de la face postérieure du coussinet principal, bien visibles dans l'empreinte de droite, pourraient être la signature d'un chat, mais 5 cm cela fait beaucoup. Et puis, la face antérieure de ce même coussinet serait plus pointue, alors que les deux lobes qui semblent se dessiner et la taille correspondent mieux à une patte de lynx roux.

Lynx roux

Au-dessus encore, on peut voir une patte plus grosse, avec des griffes. La forme générale, les quatre doigts et les griffes font penser à un canidé. Elle fait 8 à 9 cm; le iPod 4G en fait 11 (j'en profite pour faire une demande de commandite à Apple). C'est trop gros pour un renard ou un coyote, reste le loup ou le chien.
     
Canidé et lynx roux

Incapable de trancher, c'est le moment de faire appel à un expert, en l’occurrence Pierre Vaillancourt, un naturaliste de la forêt Montmorency au nord de Québec. Son surnom, Pierre le loup, vaut toutes les cartes de visite. Sa réponse tombe quelques minutes après avoir reçu les photos. Il s'agit probablement d'un chien. La raison: contrairement au chien, il est exceptionnel qu'un loup se méjuge, c'est-à-dire que la patte postérieure ne recouvre pas exactement l'empreinte de la patte antérieure.  
Traces de chien

Nous avons été un peu déçu que les traces aient été laissées par chien et non par un loup. Mais nous aurions dû nous en douter. Après tout, la dernière série de d'empreintes n'était-elle pas celle d'une semelle.

Monotrope uniflore, Monotropa uniflora, Indian Pipe

Nul besoin de chlorophylle quand on parasite les racines des arbres. Les monotropes tirent leur nourriture des mycorhizes, ces champignons qui vivent en symbiose avec les racines.
Et une fois affranchi du soleil, on peut aller vivre là où rien d'autre ne pousse.

Prenanthe blanche, Prenanthes alba, White Lettuce


La fin de semaine dernière, je photographiais une prenanthe élevée sur le Mont Rigaud (Québec) et voilà qu'aujourd'hui je trouve une de ses congénères dans le jardin. C'est un signe. C'est le signe que je passe trop de temps dehors et que je ferais mieux de travailler.
Comme mentionné dans la flore laurentienne, l'élevée a des rayons jaunâtres et moins de 10 fleurs, la blanche a des rayons blancs et plus de 10 fleurs. Il ne me reste plus qu'à trouver la trifoliée et celle à grappe.



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