Ronce, Rubus spp.

Les ronces ne se laissent pas nommer aussi facilement. Non seulement elles ont des épines, mais il faut les fréquenter sur plusieurs saisons. Sur les vingt-et-une répertoriées dans la flore Marie-Victorin, tout ce que je peux dire, c'est que ce n'est ni acaulis, ni odoratus, ni Chamaemorus, ni pubescens
Mais, à quoi sert de connaitre son nom si on passe à côté d'elle sans apprécier ses charmes ?


Bilan sur les populations d'oiseaux au Canada

On peut consulter le rapport gratuitement à l'adresse "www.etatdesoiseauxcanada.org" et même le télécharger pour le lire confortablement installé à l'ombre d'un arbre.
Je ne l'ai pas encore lu, mais le premier aperçu donne envie de s'y plonger.


Osmonde cannelle, Osmunda cinnamomea, Cinnamon Fern

Spectaculaire, elle a conquis le monde à coups de frondes. Il parait que la base des jeunes pétioles est sucrée et peut se consommer. Par ailleurs, des analyses phylogénétiques indiquent qu'on devrait plutôt l'appeler Osmundastrum cinnamomea, un genre dont elle est la seule représentante. Mais, on peut aussi se contenter de l'admirer au détour du chemin.


Oriole de Baltimore

Après le mâle, voici la femelle. Comme souvent chez les oiseaux, elle est plus terne; une façon de passer inaperçue quand vient le moment de couver.

Fédération de la Faune du Canada

Suite à la lecture du magazine Biosphère édité par la Fédération canadienne de la faune, je n'ai pas pu résister à l'envie de m'y abonner. Effet de l'âge probablement, il y avait longtemps que je n'avais pas appris autant de choses sur notre environnement en ouvrant un magazine naturaliste. Et puis, avec le projet de loi C-38 du gouvernement canadien conservateur, tristement élu, c'est un bon moyen de faire contrepoids  à des mesures qui restreignent le rôle des environnementalistes et favorisent les dégradations industrielles.
Dans ce numéro spécial sur les espèces et les habitats menacés du Canada, il n'y a pas de quoi se réjouir. C'est à se demander ce qui ne va pas avec nous. Fruits de la sélection du pire, il n'y a pas de doute que nous survivrons... à n'importe quel prix.
Les 23 espèces canadiennes déjà disparues ne peuvent en dire autant et ce ne sera probablement pas le cas des 223 en voie de disparition, sans parler des 127 menacées et des 119 dont le statut est jugé préoccupant.
On y apprend aussi qu'au début du 19e siècle, 40 millions de bisons environ parcouraient les plaines. Cent ans plus tard, il n'en restait plus que 200. Aujourd'hui, leur nombre est remonté à 700000, mais la plupart d'entre eux n'en sont plus de véritables. Confiés à des éleveurs pour assurer leur sauvegarde, les "farmers" du coin n'y ont vu qu'une possibilité d'améliorer la production de viande. Après de nombreuses tentatives d'hybridation infructueuses avec leur troupeau de vache, il ont quand même réussi à implanter quelques gènes de bœufs dans le patrimoine génétique des bisons.
Autres tristes constats: 
  • Les dunes de l'île du Prince-Édouard, protégées mais vouées à la disparition en grande partie à cause des activités récréotouristiques.   
  • La forêt carolinienne à la frontière entre l'Ontario et les États-Unis, qui abrite 40 % des espèces à risque au Canada, a déjà disparu à 90 %.
  • Les prairies, pourtant synonymes d'espace, sont cultivées à 75 %.
  • Le seul désert du Canada, le désert d'Osoyoos en Colombie-Britannique, dont il ne reste que 9 % à l'état originel, est supposé disparaître d'ici 30 ans à cause de l'urbanisation.
  • Des tourbières du Sud du Canada, la grande tourbière de Villeroy est la dernière tourbière oligotrophe du sud du Canada  à avoir échappé à l'exploitation. 

"Exploraton" nocturne

Une mère fait faire le tour du terrain à ses deux rejetons. On peut lire dans le guide nature Quintin, "Mammifères du Québec et de l'est du Canada" de James Prescott et Pierre Richard:
"Les petits au nombre de 1 à 7 (moy. 4 à 5), naissent en avril ou mai après une gestation de 63 jours. À la naissance, ils sont aveugles et ont le dos et les flancs poilus. Leurs yeux s'ouvrent à 3 semaines et ils sont sevrés à 4 mois. Les ratonneaux peuvent se reproduire à l'âge de 1 ou 2 ans. Ils passent leur premier hiver avec leur mère..."

Parc de la Yamaska

Un 10 juin ensoleillé, les grives et les parulines chantaient dans le sous-bois du parc de la Yamaska, créé pour protéger les rives du réservoir qui alimente Granby en eau. Étant donné la surface du parc, la plage et le camping, les amateurs de sons de la nature et les misanthropes iront s'y promener en semaine.
Mis à part le chant fluté de la grive solitaire, on y entend le "tipié, tipié, tipié, tipié..." de la Paruline couronnée, une habitante exclusive et commune des sous-bois. Avec un peu de patience et si vos yeux sont sensibles au moindre mouvement, vous la trouverez le plus souvent au sol, patrouillant silencieusement son territoire à la recherche de nourriture. Elle ne le quitte pour une branche basse que pour signaler sa présence par un chant sonore. 

Retour sur le Desmocère

Après avoir lu que les larves du Desmocère à manteau se foraient un chemin au cœur des rameaux du Sureau et les faisaient dépérir, je suis allé regarder d'un peu plus près les quelques nouvelles tiges flétries de notre sureau. Chaque année, le phénomène affecte l'extrémité d'une dizaine de rameaux, tout au plus, et ne semble pas entamer la vigueur de l'arbuste. Je l'avais toujours attribué à un bris accidentel de la tige par le vent ou un oiseau.
Erreur. En examinant les jeunes rameaux, j'y ai effectivement trouvé deux orifices: un, plus petit (environ 2 mm de diamètre), vers le haut du côté de l'inflorescence et un autre, un peu plus gros (3-4 mm de diamètre), vers la base de la nouvelle pousse, juste avant la partie ligneuse de l'année dernière.



Une coupe longitudinale dans la partie médiane de la tige entre les deux orifices permet de constater les dégâts. Sur son trajet, d'une quinzaine de centimètre, la larve a mangé toute la moelle; la partie blanche au centre de la tige visible dans la partie gauche de la photo. La moelle sert en grande partie au stockage des réserves nutritives. Elle est entourée de vaisseaux qui conduisent la sève brute et élaborée. La sève brute vient des racines et ne contient que de l'eau et des sels minéraux, tandis que la sève élaborée vient des feuilles et transportent des produits de synthèse, principalement des sucres et des acides aminés.

Desmocère à manteau, Desmocerus palliatus, Elderberry Borer

Ce coléoptère d'environ 2 centimètres appartient au groupe des longicornes, plus exactement à la famille des   Cérambycidés. Comme son nom anglais l'indique, il ne survit qu'à proximité des sureaux. L'adulte se nourrit des feuilles et des fleurs; les larves forent des galeries à la base des grosses tiges jusque dans les racines. 



Un cri dans la nuit

Dans la banlieue, à l'heure où le barbecue refroidit et la tondeuse s'endort, seul le ronronnement des  climatiseurs et des filtreurs de piscine se fait encore entendre. Quand soudain, un cri retentit dans le crépuscule. On sait bien qu'il s'agit d'un animal sauvage, mais on ne sait plus lequel et on a peur.


Il n'est pourtant pas méchant celui-ci. À cette saison, il s'agit probablement de deux jeunes ratons laveurs qui se chamaillent, car les adultes s'accouplent en janvier ou février.  Parfois, quand la famille patrouillent la nuit à la recherche de nourriture, on peut aussi entendre un ricanement ou un roucoulement feutré, émis peut-être pour garder le contact et se situer mutuellement.
Dans la séquence vidéo suivante, il y en a justement un, installé dans le bassin, qui cherche à tâtons sous les pierres à la recherche de je-ne-sais-pas-quoi. Pour des grenouilles, c'est encore un peu tôt. Elles ne viendront qu'une fois le bois voisin asséché.





Jour d'orage

Puisque le temps entre l'éclair et le tonnerre est d'environ 4 secondes, et que la vitesse du son dans l'air à 15°C est de 341 mètres par seconde, l'éclair s'est produit à environ 1,4 kilomètres. Ce Qu'il Fallait Démontrer.

Salsifis des prés, Tragopogon pratensis, Salsify

Bel exemple d'héliotropisme. Comme le tournesol, le capitule du salsifis suit le soleil. Aussi, quand ce dernier se couche, il se ferme. Quand il se lève, les rayons du salsifis se déploient et ce, tant que toutes ses fleurs ne sont pas fécondées. Après, il continue à suivre le soleil, mais reste fermé.
Le salsifis n'est pas un indigène du Québec. Il  aurait été introduit en Amérique du Nord, il y a bien longtemps.

Boisé du Tremblay: avant,après

Ce matin, je suis allé faire un tour dans mon voisin, le boisé. L'intention était de dénicher la zone de marais où se ravitaillent les grandes aigrettes des rapides de Lachine, une portion du Saint-Laurent à la hauteur de Montréal.  Pour être franc, nous avions déjà trouvé sa forme cristallisé cet hiver à l'occasion d'une ballade en raquettes et rendez-vous avait alors été pris pour ce printemps. Il est à portée d'oreilles et il nous réveille parfois au son du Butor d'Amérique.
Comme promis, je l'ai retrouvé. Magique comme beaucoup de marais et un régal pour les oreilles attentives. Une image qui n'est probablement pas celle du boisé originel, mais au moins du boisé oublié par l'humain. Dans la séquence vidéo qui suit, on entend plusieurs espèces d'oiseaux: Carouge à épaulettes, Paruline jaune, Paruline masquée, Moucherolle des aulnes, Bruant chanteur, Bruant familier et peut-être une Paruline à flancs marron (mes oreilles ramollissent). Mais j'attire votre attention sur le ping-pong des grenouilles vertes.


Au retour, je suis tombé sur un aménagement destiné à transplanter et à préserver une partie de la population des rainettes faux-grillons qui habitent le boisé et qui empêchent les promoteurs immobiliers de poursuivre l'étalement de la banlieue. La rainette faux-grillon de l'ouest est une petite grenouille protégée parce qu'elle est à la limite nord de son aire de répartition. J'avais entendu parler de ces aménagements dans les médias locaux, Il faut dire que les politiciens, habituellement plus respectueux de leurs investisseurs -  on dit aujourd'hui "développement durable" - se sont gargarisés de ces initiatives rendues incontournables par l'association CIEL, vouée à la défense de l'environnement.
Chapeau aux responsables de CIEL qui se battent dans l'indifférence de la majorité électorale qui ne s'intéresse à l'environnement que pour y construire une maison, un stationnement, un gazon, un arbre exotique et un centre commercial.
À la vue de l'aménagement, pffff est l'onomatopée de découragement qui m'est venue: un trou d'eau géométrique, une bouteille en plastique flottant à sa surface, une végétation rare autour et absente dedans. Les seules traces de vie que j'y ai constatées sont celles de pneus de tout-terrain. À l'automne, elles devraient s'être enrichies de quelques bûches calcinées et de bouteilles de bière vides.
Les promoteurs peuvent se frotter les mains. Une des raisons du ralentissement de l'économie vient de disparaître dans la bonne conscience du devoir de préservation accompli et le compte de taxes pourra bientôt financer la plantation des arbres municipaux. Quel drôle de monde !

Sureau contre la grippe

Le sureau est en fleur, c'est le temps de se préparer en prévision de la saison de la grippe ou du rhume. Les plus gourmands attendront la fin de l'été pour se faire de la gelée ou du coulis avec les baies, qui ont peu de propriétés médicinales, à part peut-être d'être laxatives lorsqu'elles sont consommées fraiches.


Économie d'échelle ou échelle économique

La fin de semaine dernière, ma blonde et moi avons remonté l'Orénoque. Chaleur, air saturé d'humidité, végétation luxuriante, insectes buveurs de sang, grenouille-crocodile et tétards-piranhas, tout y était pour nous faire croire, l'espace d'un instant, que Longueuil (Québec) s'était changée en Tucupita (Vénézuéla).
Comme quoi, pour voyager, il suffit parfois de se pencher. La semaine prochaine, nous explorerons l'Amazone.

Iris versicolore, Iris versicolor, Larger Blue-flag

Nous voulions rendre une petite visite à notre voisin, le castor. À cette époque le boisé du Tremblay est humide et c'est chaussé de nos bottes et armé d'insectifuge que la ballade fut entreprise. Mais, après les orages de la semaine, humide était un euphémisme. Les bottes ne furent pas assez hautes et le castor attendra. Par contre, malgré l'heure tardive et le cagnard, beaucoup d'oiseaux chantaient et se laissaient observer.


Moqueur chat, Dumetella carolinensis, Gray Catbird

Le moqueur chat fréquente les milieux dominés par les arbustes (haie, lisière, clairière). Il doit son nom à son cri qui imite le miaulement du chat. Le chant est une suite de gazouillis hétéroclites enchainés rapidement.
Des trois moqueurs visibles au Québec, c'est le plus commun. Si vous l'entendez, cherchez-le à hauteur des yeux dans les buissons alentour: plumage gris ardoise, calotte noire et sous-caudales brun-roux (les plumes sous la queue, à sa base).

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